23 Discours de la Conformité'
de la Logique vulgaire, est en état de répondreà l’objestion la plus embarrassante contre la Vé-rité, lorsque l’objection n’est prise que de la Rai-son, & lorsqu’on prétend que c’est une démon-stration. Et quelque mépris que le vulgaire desmodernes ait aujourd’hui pour la Logique d’A-riilote , il faut reconnoitre qu’elle enseigne desmoyens infaillibles de résister à l’erreur dans cesoccasions. Car on n’a qu’à examiner l’argumentsuivant les règles, & il y aura toujours moyen devoir s’il manque dans la forme , ou s’il y a desprémisses qui ne soient pas encore prouvées parun bon argument.
28. C’est tout autre chose, quand il ne s’agitque des vraisemblances ; car l’art de juger desraisons vraisemblables n’est pas encore bien éta-bli; desorte que notre Logique à cet égard estencore très imparfaite, & que nous n’en avonspresque jusqu’ici que l’Art de juger des démon-strations. Mais cet Art suffit ici : car quand ils’agit d’oppofer la Raison à un Article de notreFoi, on ne se met point en peine des objectionsqui n’aboutissent qu’à la vraisemblance: puisquetout le monde convient que les Mystères fontcontre les apparences, & n’ont rien de vraisem-blable , quand on ne les regarde que du côté dela Raison; mais il suffit qu’il n’y ait rien d’ab-surde. Ainsi il faut des démonstrations pour lesréfuter.
29. Et c’est ainsi fans doute qu’on le doit en-tendre , quand la Sainte Ecriture nous avertitque la Sagesse de Dieu est une folie devant leshommes, & quand S. Paul a remarqué que l’E-vangile de Jésus - Christ est une folie aux Grecs ,auffi-bien qu’un scandale aux Juifs; car au fond,une Vérité ne sauroit contredire à l’autre; & 1*
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