D F. LA toi ÁVEC LA RAISOIî. Zg
35. On doit même dire qu’ii faut nécessaire-mentqu’il y ait eu de ces grandes, ou plutôt d’in-vincibles raisons, qui aient porté la divine Sages-se à la permission du mal, qui nous étonne, parcela même que cette permission est arrivée : carrien ne peut venir de Dieu ( qui ne soit parfaite-ment conforme à la bonté, à la justice & à lasainteté. Ainsi nous pouvons juger par l’évene-ment ( ou à pojìeriori ) que cette permissioh étoitindispensable,quoiqu’il ne nous soit pas possiblede le montrer ( à priori ) par le détail des rai-sons que Dieu peut avoir eues pour cela; com-me il n'est pas nécessaire non plus que nous lemontrions pour le justifier. Mr. Bayle lufcmêinedit fort bien là dessus : (Rép. au Provinc. Gh. 165.Tom. 3. p. 1067.) Le péché s’est introduit dansle monde, Dieu donc a pu le permettre fans dé-roger à ses perfections ; ab a£íu ad potentiam va-let consequentia. En Dieu cette conséquence estbonne: il l’a fait, donc il l’a bien fait. Ce n’estdonc pas que nous n’ayons aucune notion de lajustice en général, qui puisse convenir aussi à cel-le de Dieu: & ce n’est pas.non plus que la justi-ce de Dieu ait d’autres règles que la justice con-nue des hommes; mais c’est que le cas dont ils’agit est tout différent de ceux qui sont ordinai-res parmi les hommes. Le droit universel est lemême pour Dieu & pour les hommes ; mais lefait est tout différent dans le cas dont il s’agit;
36. Nous pouvons même supposer ou feindre(comme j’ai’déja remarqué) qulil y ait quelquechose de semblable parmi les hommes à ce casqui a lieu en Dieu. Un homme pourroit donnerde si grandes & de si fortes preuves de fa vertu& de fa sainteté, que toutes les raisons les plusapparentes que l’on pourroit faire valoir contre
Tome I. C lui