48 Discours de la Conformité'
Trinité & que l’Incarnation, afin qu’en les re*eevant nous ne prononcions pas des paroles en-tièrement destituées de sens : mais il n’est pointnécessaire que l’explication aille auíîì loin qu’ilseroit à souhaiter, c’est-à-dire, qu’elle aille jus-qu’à la compréheníîon & au comment.
55. 11 paroit donc'étrange que Mr. Bayle ré-cusé le Tribunal des notions communes (dans lez. Tome de fa Réponse au Provincial page io6r.p. 1140.) comme si on ne devoit point consul-ter l’idée de la bonté,quand on répond aux Ma-nichéens; au lieu que lui-même s’étoit expliquétout autrement dans son Dictionnaire : & il fautbien que ceux qui sont en dispute sur la question,s’il n’y a qu’un seul Principe tout bon, ou s’il yen a deux, l’un bon, l’autre mauvais, conviemnent de ce que veut dire bon & mauvais. Nousentendons quelque chose par Pulsion, quand onnous parle de celle d’un corps avec un autrecorps , ou d’une substance avec son accident,d’un sujet avec son adjoint, du lieu avec le mo-bile, de Pacte avec la puissance; nous entendonsauflï quelque chose, quand nous parlons de Pu*nion de l’ame avec le corps, pour en faire unefeule personne. Car quoique je ne tienne point,que l’ame change les loix du corps, ni que lecorps change les loix de l’ame, & que j’aye in-troduit l’Harmonie préétablie pour éviter ce dé-rangement; je ne laisse pas d’admettre une vraieunion entre l’ame & le corps, qui en fait un sup--pôt. Cette union va au métaphysique, au lieuqu’une union d'influence iroit au physique. Maisquand nous parlons de l’union du Verbe de Dieuavec la Nature humaine,nous devons nous con-tenter d’une connoissance analogique, telle quela comparaison de l’union de l’ame avec lç corps