cë la Foi avec la Raison. 49
est capable de nous donner ; & nous devons aureste nous contenter de dire que ^Incarnation estl’union la plus étroite qui puisse exister entre leCréateur & la créature , fans qu’il soit besoind aller plus avant.
56. II en est de même des autres Mystères,où les esprits modérés trouveront toûjours uneexplication suffisante pour croire, & jamais au-tant qu’il en faut pour comprendre. II nous sus.fit d’un certain ce que c’est ( n eVi) ; mais le com -,ment ( aras ) nous passe, •& ne nous est point né-cessaire. On peut dire des explications des Mys-tères , qui se débitent par ci par-là , ce que laReine de Suede disoit dans une médaillé fur laCouronne qu’elle avoit quittée , non mi bisogna,t non mi basta.
Nous n’avons pas besoin non plus (commej’ai déja remarqué) de prouver les Mystères àpriori , ou d’en rendre raison ; il nous suffit quela chose est ainsi , (rò art) sans savoir le pourquoi( ìiín) que Dieu s’est réservé. Ces vers queJoseph Scaliger a fait là-dessus font beaux & cé-lébrés.
■ Ne curiosus quœre causas omnium ,
Qutecumque libris vis Propbetarum indidit ■Àfflata cœlo, plena veraci Deo:
Nec operta Jacrisupparo stlentiiJrrumpere aude, Jed pudenter prœteri.
Nescire velle , quœ Magister optimusDocere non vult, erudita infcitia est.
Moniteur Bayle qui les rapporte ( Rep. au Pro-vinc. Tom. 3. p. 1055.) juge avec beaucoup cfap-parenee que Scaliger les a faits à l'occasion desdisputes d’Arminius & de Gomarus. Je.croisTome I. D que