de la Foi avec la Raison. 51
comprendre , prouver , & répondre aux objec-tions ; comme fi lorsqu’íl s’agit de I’usage de laRaison en Théologie , l’un valoit autant quel’autre. C’est ainsi qu’il dit dans ses Entretiensposthumes p. 73. II n’y a point de principe queM. Bayle ait plus souvent inculqué que celui ci, queVincompréhenfibilitè d’un Dogme & l’insolubilité desobjeblions qui le combattent, ríejì pas une raison lé-gitimé de le rejecter. Passe pour Vincomprêbenfibì-lité, mais il n’en est pas de même de l’ insolubili-té. Et c'esl tout autant en effet, que si l’on di-soit qu’une raison invincible contre une thèsen’est pas une raison légitimé de la rejetter. Carquelle autre raison légitimé pour rejetter un sen-timent peut-on trouver, fi un argument contrai-re invincible ne l’est pas ? Et quel moyen aura-is on après cela de démontrer la fausseté & mêmel’absurdité de quelque opinion ?
59. II est bon auílî de remarquer que celui quiprouve une chose à priori, en rend raison par lacause efficiente ; & quiconque peut rendre detelles raisons d’une maniéré exacte & suffisante,est auffi en état de comprendre la chose. C’estpour cela que les Théologiens Scholastiques a-voient déja blâmé Raymond Tulle d’avoir entre-pris de démontrer la Trinité par la Philosophie.On trouve cette prétendue démonstration dansses Ouvrages , & Barthelemi Keckerman , Au-teur célébré parmi lqs Réformés , aiant fait unetentative toute semblable sur le même Mystère,n’en a pas été moins blâmé par quelques Théo-giens modernes. On blâmera donc ceux qui vou-dront rendre raison de ce Mystère & le rendrecompréhensible, mais on louera ceux qui tra-vailleront à le soutenir contre les objections desadversaires.
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