de la Foi A-v ec la Raison. 6 H
77. J’ai voulu prendre la peine de faire l’ana-tomie de ce long passage, où Mr. Bayle a mis cequ’il pouvoir dire de plus fort & de mieux rai-sonné pour son sentiment;& j’espere d’avoir faitvoir clairement, comment cet excellent hommea pris le change. Ce qui arrive fort aisémentaux personnes les plus spirituelles & les plus pé-nétrantes, lorfqu’on donne carrière â son esprit,sans fe donner toute la patience nécessaire pourcreuser jusqu’aux- fondemens de son système. Ledétail où nous sommes entrés ici servira de ré-ponse à quelques autres raisonnemens fur ce su-jet , qui se trouvent dispersés dans les Ouvragesde M. Bayle ; comme lorsqu'il dit dans fa Ré-ponse aux Questions d’un Provincial chap. 133.(tom. 3. p. 685.) Pour prouver qu’on a mis d'ac-cord la Raison la Religion, il faut montrer nonfeulement qu'on a des maximes Philosophiques , quifont favorables à notre foi; mais aussi, que les maxi-mes particulières, qui nous font objeclées comme nonconformes à notre Catéchisme , y font effeSivementconformes d' une maniéré que l’on conçoit dijliníte-ment. Je ne vois point qu’on ait besoin de toutcela , fi ce n’est qu’on prétende pousser le rai-sonnement jusqu’au comment du Mystère. Quandon se contente d’en soutenir la vérité, sans femêler de la vouloir faire comprendre , on n’apoint besoin de recours aux maximes Philoso-phiques , generales ou particulières, pour la preu-ve ; & lorsqu’un autre nous oppose quelquesmaximes Philosophiques, ce n’est pas à nous deprouver d’une maniéré claire & distincte que cesmaximes sont conformes avec notre Dogme,mais c’est à notre adversaire de prouver qu’ellesy sont contraires.
78. Mr. Bayle poursuit ainsi aiunême endroit:
E 3 Pour