ET LA LlBERTE'DE L’HomME. I.P. ioj'
sitif dans les créatures, & leur donne de la per-fection, del’être, & de la force : comparons ,dis-je, l’inertie de la matière, avec l’imperfec-tion naturelle des créatures ; & la lenteur dubateau chargé, avec le défaut qui fe trouve dansles qualités & dans faction de la créature : &nous trouverons qu’il n’y a rien de si juste quecette comparaison. Le courant est la cause dumouvement du bateau , mais non pas de son re-tardement ; Dieu est la cause de la perfectiondans la nature & dans les actions de la créatu-re , mais la limitation de la réceptivité de lacréature est la cause des défauts qu’il y a dansson action. Ainsi les Platoniciens, S. Augustin& les Scholastiques ont eu raison de dire queDieu est la cause du matériel du mal, qui con-siste dans le positif, & non pas du formel, quiconsiste dans la privation ; comme l’on peut di-re que le courant est la cause du matériel du re-tardement, fans l’étre de son formel, c’est-à-dire,il est la cause de la vitesse du bateau, fans êtrela cause des bornes de cette vitesse. Et Dieu estausli peu la cause du péché , que le courant dela riviere est la cause du retardement du bateau.La force aussi est à l’égard de la matière , com-me l’efprit est à l’égard de la chair ; l’efprit estpromt & la chair est infirme , & les esprits agis-sent
• - quantum nm noxia corpora tardant.
3 r. II y a donc un rapport tout pareil entreune telle ou telle action de Dieu , & une telleou telle passion ou réception de la créature, quin'en est perfectionnée dans le cours ordinaire deschoses qu’à mesure de sa réceptivité, comme onG 5 l’ap-