314 Essais suit la Bonté' de Dieu,
qu’ils font dans la région des possibles, avant qu’iîdécernât de les admettre à l’existence.
43. Mais fî la présidence dé Dieu n’a ríèn decommun avec la dépendance ou indépendancede nos actions libres, il n’en est pas de même dela préordination de Dieu, de ses décréts, & déla fuite des causes que je crois toûjours contri-buer à la détermination de la volonté. Et si jefuis pour les Molinistes dans le premier point,je fuis pour les Prédéterminateurs dans le se-cond , mais en observant toûjours que la prédé-termination rie soit point nécessitante. En unmot, je fuis d’opinion que la volonté est toû-jours plus inclinée au parti qu’elle prend , maïsqu’elle n’est jamais dans là nécessité de le pren-dre. 11 est certain qu’elle prendra ce parti,mais11 n’est point nécessaire qu’elfe le prennp. C’estâ limitation de ce fameux dicton : slfira incli-nant, non nécessitant ; quoiqù’ici le cas ne soitpas tout - à-fait semblable. Car l’évenement oàles astres portent ( en parlant avec le vulgaire ,comme s’iî y avoir quelque fondement dans l’Af-trologie) n’arrive pas toûjours; au-lieuquelèparti vers lequel la volonté est plus inclinée nemanque jamais d’être pris. Aussi les astres neferòient-iisqu’une partie des inclinations qui con-courent à l’évenement ; mais quand on parle déla plus grande inclination de la volonté, on par-le du résultat de toutes les inclinations; à peuprés comme nous avons parié ci-dessus de la vo-lonté conséquente en Dieu , qui refulte de tou-tes les volontés antécédentes.
44. Cependant la certitude objective ou la dé-termination ne fait point la nécessité de la véritédéterminée. Tous les Philosophes le reconnois-seht, en avouant que la vérité dés futurs contin-
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