ET LA LlBERTE' DE l’HûMME. I. P. IIJ
gens est déterminée, & qu’ils ne laissent pas dedemeurer contingens. C’est que la chose n’im-pliqueroit aucune contradiction en elle-même, sil’esset ne suivoit; & c’est en cela que consiste lacontingence. Pour mieux entendre ce point, ilfaut considérer qu’il y a deux grands principes denos raisonnemens ; l’un est le principe de la con «tradition , qui porte que de deux propositionscontradictoires, l’une est vraye , l’autre fausse;l’autre principe est celui de la raison déterminantesc’est que jamais rien n’arrive, fans qu’il y aitune cause ou du moins une raison déterminante,c’est à-dire quelque chose qui puisse servir à ren-dre raison à priori , pourquoi cela est existantplutôt que de toute autre façon. Ce grand prin-cipe a lieu dans tous les évenemens, & on nedonnera jamais un exemple contraire : & quoique le plus souvent ces raisons déterminantes nenous soient pas assez connues, nous ne laissonspas d’entrevoir qu’il y en a. Sans ce grand prin-cipe, nousnepourrions jamais prouver l’existen-ce de Dieu, & nous perdrions une infinité de rai»fonnemens très justes ct très utiles , dont il estle fondement:& il ne souffre aucune exception,autrement sa force seroit affoiblie. Aufli n’eíbil rien de si foible que ces systèmes, où tout est:chancelant & plein d’exceptions. Ce n’est pasle défaut de celui que j'approuve , où tout vapar règles générales, qui tout au plus se limitententre elles.
45. II ne faut donc pas s’imaginer avec quel-ques Scholasliques, qui donnent un peu dans.lachimere , que les futurs contingens libres soientprivilégiés contre cette règle générale de la na-ture des choses. II y a toûjours une raison pré-valente qui porte la volonté à son choix » & ilH 2 suffi t