n(5 Essais sur la Bonté' de Dieu j
suffit pour conserver sa liberté, que cette raisonincline, sans nécessiter. C’est aussi le sentimentde tous les Anciens, de Platon , d’Aristote, deS. Augustin. Jamais la volonté n’est portée àagir, que par la représentation du bien, qui pré-vaut aux représentations contraires. On en con-vient même à l’égard de Dieu, des bons Anges& des Ames bien-heureuses ; & l’on reconnoîtqu’ellesn’en font pas moins libres. Dieu ne man-que pas de choisir le meilleur, mais il n’est pointcontraint de le faire , & même il n’y a point denécessité dans l’obiet du choix de Dieu, car uneautre fuite des choses est également possible. C’estpour cela même que le choix est libre & indé-pendant de la nécessité, parce-qu’il se fait entreplusieurs possibles, & que la volonté n’est détermi-née que par la bonté prévalante de l’objet. Ce n’estdonc pas un défaut par rapport à Dieu & auxSaints : & au contraire ce scroit un grand dé-faut, ou plutôt une absurdité manifeste , s’il enétoit autrement, même dans les hommes ici-bas,& s’ils étoient capables d’agir fans aucune raisoninclinante, C’est de quoi on ne trouvera jamaisaucun exemple, & lorsqu’on prend un parti parcaprice , pour montrer sa liberté , le plaisir oul’avantage qu’on croit trouver dans cette affecta-tion , est une des raisons qui y porte.
46. 11 y a donc une liberté de contingence ouen quelque façon d’indifference , pourvu qu’onentende par l’ indifférence, que rien ne nous né-cessite pour l’un ou pour l’autre parti ; mais iln’y a jamais à'indifférence d’équilibre, c’est-à-direoìi tout soit parfaitement égal de part & d’autre*sans qu’il y ait plus d’inclination vers un côté.Une infinité de grands & de petits mouvemensinternes & externes concourent avec nous, dont
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