ET EA LlBERTE'DE L’HoMME. I.P. 129
tant que ce Système, qu’on appelle celui des cau-ses occasionnelles (parcequ’il enseigne que Dieuagit sur le corps ál’occasion de l’aine, & vice ver-sa) outre qu’il introduit des miracles perpétuelspour faire le commerce de ces deux substances,ne sauve pas le dérangement des loix naturelles,établies dans chacune de ces mêmes substances,que leur influence mutuelle cauíeroit dans l’opi-nion commune.
62. Ainsi étant d’ailleurs persuadé du principede l 'Harmonie en général, & par conséquent dede la préformation óc de l’Harmonie préétablie detoutes choses entre elles, entre la nature & lagrâce, entre les décréts de Dieu & nos actionsprevuës, entre toutes les parties de la matière,& même entre l’avenir & le passé, le tout con*formément à la souveraine sagesse de Dieu, dontles Ouvrages font les plus harmoniques qu’il soitpossible de concevoir ; je ne pouvois manquerde venir à ce système,qui poite que Dieu a créél ame d’abord de telle façon, qu’elle doit se pro-duire & se representer par ordre ce qui se passedans le corps; & le corps aussi de telle façon,qu’il doit faire de soi-même ce que i’aine ordon-ne. De sorte que les loix, qui lient les penséesde l’ame dans Tordre des causes finales & sui-vant révolution des perceptions, doivent pro-duire des images qui se rencontrent & s’accor-dent avec les impressions des corps fur nos or-ganes; & que les loix des mouvemens dans lecorps,qui s’entresuivent dans l’ordre des causesefficientes, se rencontrent aussi & s'accordent tel-lement avec les pensées de l’ame, que le corpsest porté à agir dans le tems que l’ame le veut.
63 Et bien loin que cela fasse préjudice à laliberté, rien n’y sauroit être plus favorable. Et
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