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Tome premier.
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ET LA LlBERTE' DE L’HoMME.I. P. IZT

jugement. Car nous pouvons chercher des mo-yens par avance, pour nous arrêter dans l’occasionfur le pas glissant d’un jugement temeraire ; nouspouvons trouver quelque incident pour différernotre résolution, lors même que l’affaire paroitprête à être jugée; & quoique notre opinion &notrë acte de vouloir ne soient pas directementdes objets de notre volonté, (comme jel’ai déjaremarqué) on ne laisse pas de prendre quelque-fois des mesures pour vouloir, & même pourcroire avec le tems,ce qu’on ne veut ou necroitpas présentement. Tant est grande la profondeurde l’efprit de l’homme.

65. Enfin pour conclure ce point de la sponta-néité, il faut dire que prenant les choses à la ri-gueur, l’ame a en elle le principe de toutes sesactions, & même de toutes ses passions; & quele même est vrai dans toutes les substances sim-ples, répandues par toute la nature, quoiqu’iln’y ait de liberté que dans celles qui font intelli-gentes. Cependant dans le sens populaire, enparlant suivant les apparences, nous devons dirëque l’ame dépend en quelque maniéré du corps& des impressions des sens ; à peu près commebous parlons avec Ptolomée & Tycho dans Pu»fage ordinaire, & pensons avec Copernic, quandil s’agit du lever ou du coucher du Soleil.

66. On peut pourtant donner un sens véritable& Philosophique à cette dépendance mutuelle, quenous concevons entre l’ame & le corps. C’est quel’une de ces substances dépend de l'autre idéale-ment, entant que la raison de ce qui se fait dansPune, peut être rendue par ce qui est dans l’au-tre; ce qui a déjà eu lieu dans les décréts deDieu, dès-lors que Dieu a réglé par avance Phar-monie qu’i! y auroit entre elles. Comme cet au-

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