IZ2 Essais sur la Bonté' de Dieu,
tomate, qui feroit la fonction de valet, déperr- jdroit de moi idéalement, en vertu de la sciencede celui, qui prévoyant mes ordres futurs, Pau-roit rendu capable de me servir à point-notnmépour tout le lendemain. La connoiíTance de mesvolontés futures auroit mû ce grand artisan, quisuroît formé ensuite Pautomate: mon influen-ce feroit objective, & la sienne physique. Capentant que Pâme a de la perfection, & des pen-sées distinctes, Dieu a accommodé le corps àl’ame, & a fait par avance que le corps est pouf-fé à executer ses ordres : & entant que l’ame estimparfaite ,& que ses perceptions font confuses,Dieu a accommodé l’ame au corps, en forte quel’ame fe 1 aille incliner par les pallions qui nais-sent des représentations corporelles: ce qui faitle même effet, & la même apparence, que si l’undépendoit de l'autre immédiatement, & par lemoyen d’une influence physique. Et c’esl pro-prement par ses pensées confuses, que l’ame re-présente les corps qui Penvironnent. Et la mêmechose fe doit entendre de tout ce que l’on con-çoit des actions des substances simples les unesfur les autres. C’est que chacune est censée agirsur l’autre á mesure de fa perfection, quoique cene soit qu’idéalement & dans les raisons des cho-ses, en ce que Dieu a réglé d’abord une substan-ce sur Pautre, selon la perfection ou l’imperfec-tion qu’il y a dans chacune: bien que faction &la paillon soient toûjours mutuelles dans les créa-tures , parce qu’une partie des raisons qui ferventà expliquer distinctement ce qui se fait, & quiont servi à le faire exister, est dans l’une de cessubstances, & une autre partie de ces raisons estdans Pautre; les perfections & les imperfectionsétant toûjours mêlées & partagées. C’est ce qui
nous