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Tome premier.
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*34 Essais sur la Bonté' de Dieu,

c’est ainíì qu’on punit les chiens & les chevaux,& cela avec beaucoup de succès. Les récompen-ses ne nous servent pas moins pour gouvernerles animaux, & quand un animal a faim, lanour,riture qu’on lui donne lui fait faire ce qu’on n’ob-tiendroit jamais autrement de lui.

70, ïroiiiernement, on infligeroit encore ausbêtes des peines capitales, (où il ne s’agit plusde la correction de la bête qu’on punit) si cettepeine pouvoit servir d’exemp!e,ou donner de laterreur aux autres, pour les faire cesser de nia!faire. Rorarius.dans son Livre de la Raison desbêtes, dit qu’on crucifioit les Lions en Afrique,pour éloigner les autres Lions des Villes & deslieux fréquentés; & qu’íl avoit remarqué en pas-sant par le païs de Juliers, qu’on y pendoit lesloups, pour mieux assurer les bergeries. II y ades gens dans les villages qui clouent des oiseauxde proie aux portes des maisons, dans l’opinionque d’autres oiseaux semblables n’y viendront pasfl facilement. Et ces procédures seroient toûjoursbien fondées, si elles servoient.

71. Donc,en quatrième !ieu,puisqu’il est fût& expérimenté, que la crainte des châtimens &l’efperance des récompenses sert à faire abstenirles hommes du mal, L les oblige à tâcher de bienfaire ; on auroit raison & droit de s’en servir,quand même les hommes agiroient nécessaire-ment par quelque espece de nécessité que ce pour-toit être. On objectera, que si le bien ou le malest nécessaire, il est inutile de se servir des mo-yens de l’obtenir, ou de I’empêcher: mais la.réponse a déja été donnée ci-dessus contre le so-phisme paresseux. Si le bien ou le mal étoit né-cessaire sans ces moyens, ils seroient inutiles;mais il n’en est pas ainsi. Ces biens & ces maux

n’ar-