IZ6 Essais sur la Bonté' de Dieu,
but l’amendement, ni l’exemple, ni même la ré-paration du mal. Cette justice n’est fondée quedans la convenance, qui demande une certaine sa-tisfaction pour l'expiation d’une mauvaise action,Les Sociniens, Hobbes & quelques autres, réad-mettent point cette justice punitive, qui est pro-prement vindicative, L que Dieu s’est réservéeen bien des rencontres : mais qu’il ne laisse pasde communiquer à ceux qui ont droit de gouver-ner les autres, & qu’il exerce par leur moyen,pourvu qu’ils agissent par raison, & non par pas-sion. Ces Sociniens la croyent être fans fonde-ment; mais elle est toûjours fondée dans un rap-port de convenance,qui contente non seulementî’offensé, mais encore les Sages qui la voyent,comme une belle musique ou bien une bonne ar-chitecture contente les esprits bienfaits. Et ie sageLégislateur ayant menacé, & ayant, pour ainsidire, promis un châtiment, il est de fa constan-ce de ne pas laisser faction entierement impu-nie, quand même la peine ne serviroit plus à cor-riger personne. Mais quand il n’auroit rien pro-mis, c'est assez qu’il y a une convenance qui l’au-roit pu‘porter à faire cette promesse ; puísqu’aulfibien le Sage ne promet que ce qui est convena-ble. Et on peut même dire qu’il y a ici un cer-tain dédommagement de l’efprit, que le désordreoffeuseroit, si le châtiment ne comribuoit à ré-tablir Tordre. On peut encore consulter ce queGrotius a écrit contre les Sociniens, de la satis-faction de Jésus-Christ, & ce que Crellius y arépondu.
74. C’est ainsi que les peines des damnés con-tinuent, lors même qu’elies ne fervent plus à dé-tourner du mal; & que de même les récompen-se? des bienheureux continuent, lors même qu'el-les