ET LA LIBERTE' DEL’HûMME. I. P.
les ne servent plus à confirmer dans le bien. Onpeut dire cependant que les damnés s’attirent toû-]ours de nouvelles douleurs par de nouveaux pé-chés, & que les bienheureux s’attirent toujoursde nouvelles joies par de nouveaux progrès dansle bien : l’un & l’autre étant fondé fur le princi-pe de la convenance, qui a fait que les choses ontété réglées en forte que la mauvaise action fe doitattirer un châtiment. Car il y a lieu de jugersuivant le parallélisme des deux regnes, de celui:des causes finales, & de celui des causes efficien-tes, que Dieu a établi dans l’Univers une con-nexion entre la peine ou la récompense, & entrela mauvaise ou la bonne action, en sorte que lapremiere soit toûjours attirée par la seconde, &que la vertu & le vice se procurent leur récom-pense & leur châtiment, en conséquence de lasuite naturelle des choses, qui contient encore uneautre espece d harmonie préétablie, que cellequi paroit dans le commerce de i’ame&du corps.Car enfin, tout ce que Dieu fait elì harmoniqueen perfection, comme j’ai déja remarqué. Peut-étre donc que nette convenance cesseroit par rap-port à ceux qui agiroient fans la véritable liber-té, exempte de la nécessité absolue; & qu’en cecas la seule jultice corrective auroit lieu, & pointla jultice vindicative. C’est le sentiment du cé-lébré Conrigius, dans une Dissertation qu’il a pu-bliée de ce qui est juste. Et en effet, les rai-sons dont Pomponace s’est déja servi dans sonLivre du destin, pour prouver futilité des châ-simens ct des récompenses,quand même tout ar-riveroit dans nos actions par une fatale nécessi-té, ne regardent que l'amendement, & point lasatisfaction, » Tifiaçhtt. Aussi n’est-ce
que par maniéré d’appareil qu’on détruit les ani-I 5 maux