140 Essais sur la Bonté' de Dieu*
premier parti, & les Remontrais le fécond. Maispour bien faire, il faut également soutenir d’uncôté ^indépendance de Dieu, & la dépendancedes créatures ; & de l’autre côté la justice & labonté de Dieu, qui lésait dépendre de foi-même,fa volonté, de son entendement, de fa sagesse.
78. Quelques Auteurs habiles & bien inten-tionnés voulant représenter la force des raisonsdes deux partis principaux, pour leur persuaderune Tolérance mutuelle, jugent que toutela con-troverse se réduit à ce point capital, savoir quela été le but principal de Dieu en faisant ses dé-créts par rapport à l’homme; s‘il les a faits uni-quement pour établir fa gloire , en manifestantses attributs, & en formant, pour y parvenir, legrand projet de la création & de la providence ;ou s’il a eu égard plutôt aux mouvemens volon-taires des substances intelligentes,qu’il avoitdes-sein de créer, en considérant ce qu’elles vou-droient & feroient dans les differentes circon-stances & situations, où il les pourroit mettre ;a tin de prendre une résolution convenable là-des-sus. II me paroit que les deux Réponses qu’ondonne ainsi à cette grande question, comme op-posées entre elles,font aisées à concilier; & quepar conséquent les partis feroient d’accord en-tre eux dans le fond, fans qu’il y eût besoin detolérance, si tout se réduisoit à ce point. Ala vérité, Dieu formant le dessein de créer leMonde, s’est proposé uniquement de manifester& de communiquer ses perfections de la maniéréla plus efficace & la plus digne de fa grandeur,de fa sagesse & de sa bonté. Mais cela même l’aengagé à considérer toutes les actions des créa.tares encore dans l’état de possibilité, pour for-Bîer le projet le plus convenable. II est comme
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