148 Essais sur la Bonté' dé Dieu*
roit avoir du penchant. La seconde opinionest celle de la Traduction, comme st l’ame desenfans étoit engendrée (per traducem ) de l’ameou des âmes de ceux dont le corps est engendré.S. Augustin y étoit porté, pour mieux sauver lepéché originel. Cette doctrine est enseignée aussipar la plus grande partie des Théologiens de laConfession d’Ausbourg. Cependant elle n’est pasétablie entierement parmi eux, puisque les U-niveriîtés de Jena, de Helmslat, & autres y ontété contraires depuis long-tems. La troisièmeopinion & la plus reçue aujourd’hui est celle dela création : elle est enseignée dans la plus gran-de partie des Ecoles Chrétiennes, mais elle re-çoit le plus de difficulté par rapport au péchéoriginel.
87. Dans cette controverse des Théologiensfur Forigine de l’Aihe humaine, est entrée ladispute Philosophique de Y origine des Formes. A-ristote & l’Ecole après lui ont appellé Forme, cequi est un principe de Faction, & se trouve danscelui qui agir. Ce principe interne est, ou sub-stantiel , qui est appellé Ame , quand il est dansun corps organique:ou accidentel,qu’on a cou-tume d’appeller Qualité. Le même Philosophea donné à Famé le nom generique d’Entelechieou d’acte. Ce mot ,Entelechie, tire apparemmentson origine du mot Grec qui signifie parfait, &c’est pour cela que le célébré Hermolaus Barba-ïus l’exprima en Latin mot à mot par perfeSliha-Ma, car Facte est un accomplissement de la puis-sance: & il n’avoit point besoin de consulter leDiable, comme il a fait, à ce qu’on dit, pourn’apprendre que cela. Or le Philosophe Stagi-lite conçoit qu’il y a deux efpeces tF Actes, F Ac-te permanent ct l’Acte successif. L’ASe perma-nent