ET LA Liuerte' de l’Homme. I. P. 149
■nent ou durable n’est autre chose que la Forme,substantielle ou accidentelle : la forme substan-tielle (comme l’Ame par exemple) est perma-nente tout-à-fait, au moins selon moi, & l’acçi-dentelle ne l’est que pour un tems. Mais l’acteentierement passager dont la nature est transitoi-re , consiste dans l'aiïion même. J’ai montré ail-leurs que la notion de l’Entelechie n’est pas en-tierement à mépriser, & qu’étant permanente,elle porte avec elle non seulement une simple fa-culté active, mais aussi ce qu’on peut appelierforce, effort, conatus, dont faction même doitsuivre, si rien ne l’empêche, La Faculté n’estqu’un attribut , ou bien un mode quelquefois;mais la Force, quand elle n’est pas un ingré-dient de la substance même,(c’est-à-dire la Forcequi n’est point primitive, mais dérivative,') estune qualité, qui est distincte & separable de laSubstance. J’ai montré aussi, comment on peutconcevoir que l’Ame est une Force primitive,qui est modifiée & variée par les forces dériva-tives ou qualités, & exercée dans les actions.
88. Or [es Philosophes se sont fort tourmen-tés au sujet de l’origine des formes substantielles.Car de dire qne le composé de Forme & de Ma-tière est produit, & que la Forme n’est que com.produite, ce n’étoit rien dire. L’opinion com-mune a été, que les formes étoient tirées de lapuissance de la matière, ce qu’on appella Educ-fion: ce n’étoit encore rien dire en effet, maison l’éclaircissoit en quelque façon par la compa-raison des figures; car celle d’une statue n’estproduite, qu’en ôtant le marbre superflu. Cet-te comparaison pourroit avoir lieu, si la formeconsistoit dans une simple limitation, comme lafigure. Quelques-uns ont cru que les formes é-K 3 teient