150 Essais sur la Bonté' de Dieu *
toient envoyées duCiel, & même créées exprès,lorsque les corps font produits : Jules Scaliger ainsinué qu’il se pouvoit que les formes fussentplutôt tirées de la puissance active de la cause ef-ficiente, (c’est-à-dire, ou de celle de Dieu encas de création , ou de celle des autres sonnesen cas de génération, ) que de la puissance passi-ve de la matière ; & c’étoit revenir à la traduc-tion , lorfqu’une génération fe fait. Daniel Sen-nert Médecin & Physicien célébré à Wittenberga cultivé ce sentiment, sur-tout par rapport auxcorps animés, qui font multipliés par les semen-ces. Un certain Jules César délia Galla, Italiendemeurant aux Païs-Bas, & un Médecin de Gro-ningue nommé Jean Freitag.ont écrit contre luid’une maniéré sert violente ; & Jean Sperling,Professeur à Wittenberg, a faitl’Apologie de sonMaître , & a été enfin aux prises avec Jean Zei-sold, Professeur à Jena , qui défendoit la créa-tion de Pâme humaine.
89. Mais la traduction & réduction font éga-lement inexplicables , lorfqu’il s’agit de trouverPorigine de Pâme. II n’en est pas de même desformes accidentelles, puisque ce ne font que desmodifications de la substance , & leur origine sepeut expliquer par Péduction, c’eseà-dire par lavariation des limitations, tout comme Poriginedes figures. Mais c’est tout autre chose, quandil s’agít de Porigine d’une substance, dont lecommencement & la destruction font égalementdifficiles à expliquer. Sennert & Sperling n’ontpoint osé admettre la subsistance & Pindestructi-bilité des âmes des bêtes ou d’autres formes pri-mitives, quoiqu’ils les reconnussent pour indivi-sibles & immatérielles. Mais c’est qu’ils con-fondoient Pindestructibilité avec Pimmortalité,
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