£T LA Liberte' de l’Homme. I. P. IJT
par laquelle on entend dans l’homme , non feu-lement que l’ame , mais encore que la persona-lité subsiste ; c’est-à-dire, en disant que l’ame del’homme est immortelle, on fait subsister ce quifait que c’est la même personne, laquelle gar-de ses qualités morales, en conservant la Con-science ou le sentiment réflexif interne de cequ’el-le est; ce qui la rend capable de châtiment & derécompense. Mais cette conservation de la per-sonalité n’a point de lieu dans l’ame des bêtes :c’est pourquoi j’aime mieux direqu’elles font im-périssables , que de les appeller immortelles. Ce-pendant ce mal-entendu paroit avoir été caused’une grande inconséquence dans la doctrine desThomistes, & d’áutres bons Philosophes, quiont reconnu Pimmaterialité ou l’indivisibilité detoutes les âmes, fans en vouloir avouer l’indes-tructibiiité , au grand préjudice de l’immortalitéde l’ame humaine. Jean Scot, c’est-à-dire l’E-cossois, (ce qui fígnifioit autrefois l’Hibernois oul’Erigene) Auteur célébré du teins de Louis leDébonnaire & de ses fils , étoit pour la conser-vation de toutes les âmes : & je ne vois pointpourquoi il y auroit moins d’inconvenient à fai-re durer les atomes d’Epicure ou de Gassendi,que de faire subsister toutes les instances vérita-blement simples & indivisibles, qui fondes seuls& vrais atomes de la nature. Et Pythagore a-voit raison de dire en général chez Ovide :
Morte carent animce.
90. Or comme j’aime des maximes qui se sou-tiennent, & où il y a le moins d’exceptionsqu’ilest possible; voici ce qui m’a paru le plus raison-nable en tout sens fur cette importante question.
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