ij2 Essais sur la Bonté' de Dieu,
Je tiens que les Ames, & généralement les sub-stances simples, ne sauraient commencer que par1a création , ni finir que par l’annihilation : &comme la formation des corps organiques ani-més neparoit explicable dans Tordre de la natu-re , que lorsqu’on suppose une préformation déjaorganique, j’en ai inféré que ce que nous appel-ions génération d’un animal, n’est qu'une trans-formation & augmentation : ainsi , puisque lemême corps étoit déja organisé , il est à croirequ’il étoit déja animé , & qu’il avoit la mêmeame ; de même que je juge vice versa de la con-servation de l’ame, lorsqu’elle est créée une fois,que ranimai est conservé auili, & que la mortapparente n’est qu’un envelopement ; n’y ayantpoint d’apparence que dans Tordre de la natureil y ait des âmes entierement séparées de toutcorps , ni que ce qui ne commence point natu-rellement , puisse cesser par les forces de la na-ture.
91. Après avoir établi un si bel ordre , & desréglés si générales à l’égard des animaux , il neparoit pas raisonnable que l’homme en soit ex-clus entierement, & que tout se fasse en lui parmiracle par rapport à son ame. Auífi ai-je faitremarquer plus d’une fois, qu’íl est de fa sagessede Dieu que tout soit harmonique dans ses Ou-vrages , & que la nature soit parallèle à la grâ-ce. Ainsi, je croirois , que les âmes, qui se-ront un jour âmes humaines, comme celles desautres especes, ont été dans les semences , &dans les ancêtres jusqu’à Adam, & ont existé parconséquent depuis le commencement des choses,toujours dans une maniéré de corps organisé: enquoi il semble que Monsieur Swammerdam, leR. P. Mallebranche, M. Bayle, M. Pitcarne,