xxxviij DISCOURSplagiaires, et je crois qu’ils en ont aussieu l’idée de leur côté.
En effet, vingt ans s’étaient à peu prèsécoulés depuis la découverte dont nousvenons de parler, lorsque Léonard deVinci (i ) , ce peintre également né pourles sciences et pour s’illustrer d’ans sonart, imagina d’appliquer les écluses auxcanaux dérivés de l’Adda et du Tésin ;il généralisa en quelque sorte l’idée deses prédécesseurs ; et les deux canauxfurent rendus navigables en 1497. Je nevois en cela que la marche ordinairedu génie, inventant pour le besoin des
sables de l’Histoire, Léonard de Vinci en a fait l’ap-plication aux canaux dérivés de l’Adda et du Tésin,en i 497 > c’est-à-dire , environ vingt ans après l’exé-,çution de la première idée. Nous venons de voir quoles écluses on été inventées en Italie dans le quinzièmesiècle, et il n’a été question de celles des Chinois quedans le dix-septième. D’après cela, si l’autorité deNieuhoff et celle du père Lecomte ne sont point sus-pectes , nous pouvons conclure ainsi que nous l’avonsiavancé dans le texte, que les Chinois et les Italiens ontpu inventer chacun de leur côté.
(1) Léonard de Vinci, né au château de ATnei prèsde Florence, en 1443 , mort à Fontainebleau en 1 520 .