JUSTIFICATIVE S. 525
espérance qu’il a agi de tout son pouvoir, et mis enavant toute sa fortune pour faire réussir un projet oùtout autre que lui auroit peut-être échoué.
Je m’occupai, dès aussitôt mon arrivée en Lan-guedoc , de mon premier projet du canal, qui fut finidans le mois de février i664. Ce projet ne prouvoitseulement que la possibilité d’un canal de navigation ;le profil désignoit la longueur qu’il devoit avoir parretenues, l’emplacement et le nombre des éclusesnécessaires pour conduire les eaux du point de par-tage désigné à Naurouse, et que par différens nivel-lemens que j’avois pris, j’avois trouvé élevé de plusde 600 pieds au-dessus des deux mers. Je conduisoisce canal du côté de Toulouse, depuis le point departage jusqu’à la rivière de Lers , que je rendoisnavigable sur une assez grande étendue jusqu’auprèsde la Garonne; et du côté de Carcassonne, je meservais de la rivière de Fresquel, que je rendois aussinavigable jusqu’au point où j’entrois dans l’Aude ,dont je diminuois la rapidité par le moyen des éclusesjusqu’à Moussoulens. A ce point, j’abandonnois larivière d’Aude pour me servir de la Robine , oùj'ajoutois quelques écluses pour conserver le niveaudans les différentes retenues jusqu’à Narbonne.
Ce projet fut d’abord goûté par M. de Ri que t, quicommuniqua son enthousiasme â M. de Colbert, etcelui-ci à son maître. On nomma en conséquence ,des commissaires , des experts , des niveleurs et desarpenteurs pour procéder à la vérification des endroitspar où devoit passer le canal projeté. Cette vérifica-tion fut commencée à Toulouse le 7 décembre i664 ,et finie le 10 janvier i6'65.