NOTES ET PIECES
L’avis des experts fut que la possibilité du canalétoit suffisamment reconnue. Celui des commissairesétoit qu’avant d’entreprendre ce grand ouvrage , ilconviendroit de tracer une rigole de deux pieds delarge pour faire couler une partie des eaux du ruis-seau de Sor jusqu’au point de partage situé entreNaurouse et la fontaine de la Grave ; et de ce pointde partage, d’une part jusqu’à Toulousej et del’autre, jusqu’à Narbonne.
Ce rapport, fait avec tant d’appareil, étoit plusimposant que savant, et démontra i° que les expertsavoient raison de reconnoître la possibilité d’un canalde communication ; et 2° que les commissaires neconnoissoient seulement pas l’état de la question. Enelfet, puisque la fontaine de la Grave auprès deNaurouse, partageoit ses eaux entre l’Océan et laMéditerranée, le point de partage du canal étoittrouvé ; il ne s’agissoit donc plus que de ramasser unassez grand volume d’eau des différens ruisseaux dela Montagne-Noire , et de le conduire à Naurousepour s’assurer de la réussite du canal. De plus, larivière de Fresquel se jetant dans l’Aude , l’essaid’une rigole depuis Naurouse jusqu’à Narbonne , éloitde toute inutilité pour prouver la possibilité du canal,attendu que le cours de ces deux rivières le prouvoitnaturellement, sans avoir recours , pour s’en con-vaincre , à une rigole factice : de même, du côté deToulouse, la rivière de Lers se jetant dans la Ga-ronne , la question de savoir si Naurouse étoit plusélevé que les rivières de Lers et Fresquel, se trouvoitrésolue. Ces raisons , que je présentai plus au longdans un mémoire détaillé que je remis aux commis-