JUSTIFICATIVES.
327
saîres , et auxquelles ils ne purent répondre, furentprésentées à M. de Colbert par M. de Riquet. Il fut,en conséquence , ordonné à M. le chevalier de Cler-ville, commissaire général des fortifications de France,de dresser un devis des ouvrages à faire pour uncanal communiquant de l’Océan à la Méditerranéedans la province de Languedoc.
Au commencement de l’année 1 665, M. le cheva-lier de Clerville s’occupa du devis dont il étoit chargé.Il parcourut la Montagne-Noire pour s’assurer dessources d’eau qu’il étoit nécessaire de rassembler, etde conduire jusqu’à Naurouse pour alimenter le canal.Il parcourut ensuite les points par où. devoit passerle canal de communication depuis Naurouse jusqu’àToulouse, d’un côté ; et jusqu’à Narbonne , de l’autre.Je l’accompagnai dans tous les endroits où j’avoisdésigné la route que ce canal devoit tenir suivantmon projet. Il parut si satisfait de mon idée, qu’ilm’en demanda copie , et m’engagea à m’occuper dudevis ( 1 ) pour savoir à peu près la somme à laquelledevoit monter ce grand ouvrage.
Mon intention étoit de ne point me défaire de mespapiers ; mais j’y fus engagé par M. de Riquet, quivoyoit clairement que M. de Colbert ne vouloit en-tendre parler de l’exécution de ce canal qu’autantque M. le chevalier de Clerville , premier ingénieurde France, lui remettroit un devis qui démontreroit
(1) Voyez dans la note suivante ce devis , dont celui deM. de Clerville ne diffère que par quelques plirases et quel-ques expressions qu'il avoit changées, comme cela se pratiqueen pareil cas.