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mezclados con sus invasores, otros, voluntariamente expatriados, buscabanasilo en tierras lejanas, interponiendo fragosas sierras entre la patriaabandonada y el nuevo suelo en que iban á establecerse con sus familias,sus sacerdotes y su magistratura, sus riquezas, sus vasos sagrados y sustesoros. En tanto que unos se acogian á las enriscadas montañas de losAstures con la gente que seguia al prelado Urbano y al infante don Pelayo,llevándose «las santas reliquias que pudieron haber, y los libros mas pre-ciados que en la iglesia mayor y en otras había» 1 , otros huían en diversasdirecciones, confiando al paso á ignorados escondrijos, quizá á las cavernasde los montes que se prometían volver á ocupar, y por último á losmismos olvidados dominios de la muerte, los tesoros apresuradamentesustraídos á la codicia agarena.
No se sabe si por arte de los prófugos de la ciudad, ó por ingeniosoardid del mismo cimeliarca de la basílica de Guarrazar, ni con qué acci-dentes, abriéronse con piadoso esmero, sin que sirviesen de estorbo lapremura del tiempo y el tropel de tiernos y congojosos afectos, dos hondosreceptáculos bien escuadrados, revestidos de fuerte hormigón romano, enun ángulo del cementerio contiguo á dicho santuario, emparejando conla primera fila de sepulturas.—Depositáronse en ellos soberbias coronaspensiles de reyes y magnates, ofrendas de prelados y abades, crucesprocesionales y votivas, vasos sagrados y otros objetos que constituían eljoyero de no sabemos qué iglesia, y tapándolos con losas de granito , yprobablemente con mezcla de cal y arena y terraplén encima, quedó aqueltesoro encomendado al inverosímil amparo de los sepulcros para mientraspluguiese al Omnipotente afligir á la Garpetania con el azote de sus divinasiras.—Debió esto suceder mientras el ejército de Tariq ó el de Muza poníasitio á la opulenta Toledo ; mas es imposible, por lo poco que se sabe decorografía visigoda, establecer congetura alguna acerca de la importanciadel santuario ó basílica de Guarrazar, para calcular si aquel tesoro tuétodo suyo propio, ó llevado allí en parte desde la corte por los queprefirieron en su fuga tomar la dirección de los hoy llamados montes deToledo.—Lo único que se sospecha es que el llano donde remanecieronen 1858 los restos del referido santuario con su cementerio, era en loantiguo montuoso, como lo son todavía las inmediatas lomas de Cervatosy Hernan-Paez; y en tal caso no sería inverosímil que la parte principaldel tesoro hubiese sido llevada de alguna de las basílicas de la ciudad,porque bien pudo parecer este lugar oportuno para desbandarse á losprófugos que se encaminasen hácia la Lusitania y montes de los Yetones,y para desembarazarse de la rémora de cualquier objeto de valor quecondujesen, con la esperanza, tan común á los vencidos, de que no duraríamucho tiempo la dominación sarracena y de que vendrían á desenterrarloJuego. —De todos modos, habiendo durado esta dominación mas de tressiglos y medio, debieron morir los depositadores sin realizar sus espe-ranzas;—sus descendientes perdieron por lo visto la tradición de aquelcondesijo ,—y de esta manera, aun despues de rescatada la Carpetania dela esclavitud del Islam y de restaurada la monarquía goda en Toledo ,pasaron otras ocho centurias de una civilización afanosa, siempre preñadade glorias y reveses, de adelantos y retrocesos, sobre los ignorados y si-lenciosos senos donde yacían las ricas preseas de los Flavios visigodos ylos denegridos esqueletos de los que tal vez las habían visto brillar en susfrentes! Juntos dormían el sueño que todo lo nivela en el mundo.—Eneste largo trascurso de siglos cambió completamente la fisonomía de aquellalocalidad.
¿Cómo fué descubierto ese tesoro que la tierra guardaba intacto haciaya mas de mil y cien años, después de haber ido desapareciendo de sobresu haz, trocada en desierto páramo, los seculares bosques, la población ómonasterio que allí descollaba, y la capilla ó basílica del silencioso ce-menterio? Este hallazgo, tan providencial en la época en que comenzabaá estudiarse con afan el arte visigodo en España , fué obra del acaso.—Las grandes lluvias de la canícula de 1858, tan semejantes á las tropicales,formando copiosas arroyadas que de las lomas circunvecinas se precipitaronal llano de la Fuente de Guarrazar, barrieron la superficie del arruinadocementerio, y removieron sin duda la cubierta de una de las dos fosasdepositarías de las alhajas; y acertando á pasar por allí gente de la quesuele transitar por el inmediato camino de Toledo á Guadamur , unos
mêlés dans les rangs de leurs envahisseurs, d’autres s’expatriant volon-tairement, cherchaient un asile dans des terres lointaines, interposantdes montagnes escarpées entre la patrie abandonnée et le nouveau solsur lequel ils allaient s’établir avec leurs familles, leurs prêtres et leursmagistrats, leurs richesses, leurs vases sacrés et leurs trésors. Tandis queles uns se réfugiaient dans les anfractuosités des montagnes des Asturiesà la suite du prélat Urbain et de l’infant Pélage, emportant avec eux «lesreliques saintes qu’ils purent ramaser, et les livres les plus précieux qu’ily avait dans l’église principale et ailleurs 1 », d’autres fuyaient dans diver-ses directions et confiaient en passant à des cachettes ignorées, peut-êtreaux cavernes des montagnes qu’ils se promettaient de reconquérir, et enfinau domaine même de la mort, les trésors soustraits à la hâte à la convoitisedes sectateurs de Mahomet .
Fut-ce un stratagème des fugitifs qui quittaient la ville, ou bien l’ins-piration ingénieuse du prêtre même qui gardait le trésor de la basiliquede Guarrazar, on l’ignore ainsi que les détails du fait : quoiqu’il en soit,on creusa avec un soin pieux et sans se laisser troubler par l’empres-sement ou par l’obsession de tendres et douloureuses pensées, deux fossesprofondes bien équarries et revêtues d’un fort ciment romain, dansun angle du cimetière contigu au sanctuaire et sur l’alignement de lapremière rangée de sépultures. On y déposa des magnifiques couronnesde rois et grands seigneurs, des offrandes de prélats et d’abbés, des croixprocessionnales et des croix votives, des vases sacrés et d’autres objetsqui constituaient les joyaux de nous ne savons quelle église: puis on mitpar dessus des dalles de granit, et probablement un mélange de chauxet de sable et, la terre replacée, le trésor resta confié à la protection in-vraisemblable des tombeaux pour le temps qu’il plairait au Tout-Puissantde frapper la Carpétanie du fléau de sa colère divine.—Ceci dut se fairependant que l’armée de Tarik ou celle de Muza assiégeait l’opulenteTolède ; mais le peu que nous savons de la chorographie visigothe ne nouspermet pas d’établir des conjectures sur l’importance du sanctuaire ou dela basilique de Guarrazar, et nous manquons de données pour calculer si cetrésor lui appartenait en entier ou bien si une partie y fut transportée dela capitale par les fugitifs qui préférèrent prendre la direction des montsdits aujourd’hui de Tolède . Tout ce que l’on peut soupçonner c’est que laplaine où reparurent en 1858 les restes du sanctuaire avec son cimetière,était anciennement toute boisée, comme le sont encore les coteaux voisinsde Gervatos et d’Hernan-Paëz; et dans ce cas, il ne serait pas invraisem-blable que la partie principale du trésor ayant été transportée jusque là dequelqu’une des basiliques de la ville, ce heu ait pu paraître favorable pourse débander aux fugitifs qui s’acheminaient vers la Lusitanie et les montsVettons, comme aussi pour s’y débarrasser de tous les objets de valeurqui pouvaient les gêner dans leur fuite, avec l’espérance, si commune auxvaincus, que la domination sarrasine ne serait pas de longue durée et qu’ilsreviendraient les déterrer. Quoiqu’il en soit, cette domination s’étantprolongée au-delà de trois siècles et demi, les auteurs de ces dépôtsdurent mourir sans avoir réalisé leurs espérances;—leurs descendantsperdirent apparemment la tradition de cette richesse enfouie, et par suite,même après la délivrance de la Carpétanie de l’esclavage musulman etla restauration de la monarchie des goths à Tolède , huit autres sièclesd’une civilisation active, toujours grosse de gloires et de revers, toujoursen mouvement progressif ou rétrograde, passèrent sur les fosses inconnueset silencieuses où gisaient les riches joyaux des Flavius visigoths et lessquelettes desséchés de ceux qui peut-être les avaient vu briller sur leursfronts. Us dormaient ensemble de ce sommeil qui nivelle tout dans cemonde.—Dans ce long laps de siècles la physionomie des lieux avait subiune transformation complète.
Gomment se fit la découverte de ce trésor que la terre gardait intactdepuis plus de onze cents ans, après que peu-à-peu avaient disparu de sasurface, changée en désert inhabitable, les bois séculaires, le bourg oumonastère qui s’y élevait, et la chapelle ou basilique du cimetière silen-cieux? Cette trouvaille, si providentielle à l’époque où l’on commençait àétudier avec avidité l’art visigoth en Espagne , fut l’œuvre du hasard.—Les grandes pluies de la canicule de 1858, semblables aux pluies torren-tielles des tropiques, formant de nombreux ruisseaux qui des coteaux voi-sins se précipitaient dans la plaine de la fontaine de Guarrazar , balayèrentla surface du cimetière en ruine et remuèrent sans doute la dalle qui cou-vrait l’une des deux fosses où se trouvait le dépôt des joyaux, et des gensdu pays habitués à parcourir le chemin tout proche qui mène de Tolède
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