CORONAS Y CRUCES VISIGODAS DEL TESORO DE GUARRAZAR.
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íicies que exornan, que no han podido ser ni fundidas ni repujadas conellas. Fueron sobrepuestas, consultando muy poco por cierto los parajesdonde se aplicaban, sin preocuparse para nada, como se observa en el bra-zo de cruz procesional, de si el engaste dejaba ó no descubiertos los ador-nos del fondo. Tapan á veces estos chatones un trozo de palmeta, muer-den otras en la folia bizantina que debian dejar incólume, y acusa desdeluégo su implantación, desprovista de simetría, que fué ejecutada, lomismo que el repujado del fondo, bárbaramente, y tratando sólo de sa-tisfacer, sin nimios escrúpulos, el primer golpe de vista.
Este modo de soldar por medio del fuego, que el Sr. Rada califica deprimitivo, es el mismo que usaron en la más floreciente época del Rena-cimiento orífices y escultores como el Garadosso, el Gellini y los mejoresplateros de Italia , no sólo para adherir los chatones á las alhajas, sino tam-bién para soldar las junturas de las estatuillas que tan primorosamentelabraban á martillo, ó sea al repujado. Practicábase del modo siguiente,según lo describe el propio Gellini en su excelente Tratado del arte de laOrfebrería (Trattato sopra l’Oreficeria), capítulo v: La operación dejuntar las márgenes ó bordes ( rammarginare) es una de las más delicadasde la orfebrería, porque es menester que no aparezca la pieza como sol-dada, sino que el paraje donde estaba la solución de continuidad se pre-sente como formando un cuerpo único é íntegro. Esta esmerada operaciónse llamaba soldar por medio del fuego ( saldare a calore). Fórmase unamezcla de cardenillo, sal amoniaco y bórax, se pulveriza y liquida en unavasija vidriada con un poco de agua, y empleándola como un color cual-quiera, se la extiende por las junturas que se desea unir, dando encima unligero baño de bórax puro. Métese después el trabajo en el hornillo, pre-parado como para esmaltar, y cuando empieza á enrojecerse el metal, sele hace aire, procurando que la llamase repliegue sobre el objeto, y encuanto se advierta que éste empieza á flamear y á moverse la película su-perior del oro (la prima pelle), se le rocía ligeramente con agua fresca.En seguida se pone la obra en un baño de vinagre blanco muy fuerte,con un poco de sal, y allí se deja toda una noche, con lo cual á la ma-ñana siguiente aparece el objeto blanqueado y limpio de toda manchade bórax.
Pero no basta indicar cómo se soldaban á fuego dos planchas ó lámi-nas de oro contrapuestas: es necesario añadir cómo se procedia cuandohabia que adaptar á un fondo ó superficie cualquiera, de oro labrado óliso, una cápsula también de oro, formada de filetes ó cintillas, cual es elengaste de la gema; y para esto acudirémos á la autoridad del monjeTeófilo , que fué el que con más escrupulosidad y pormenores nos dejóconsignados en sus Tres libros sobre las diversas artes 1 los mejores pro-cedimientos relativos á la orfebrería, aprendidos de los orífices bizantinosque llevó á Italia á principios del undécimo siglo un famoso abad de Mon-te-Gasino. El procedimiento que este diligente escritor indica es entera-mente análogo al que se seguia para soldar las laminillas ó filetes que for-maban los perfiles de oro en el esmalte de fondo septo (cloisonné). Tomandocomo tipo de la orfebrería el lujoso cáliz con que se celebra de pontifical(calix major ), va describiendo el monje enciclopedista todas las operacio-nes que se hacen en él hasta dejarle acabado y perfecto, y al llegar alengaste de las piedras preciosas y perlas con que se avalora, prescribe losiguiente: «Corta luégo filetes ó cintillas de oro; pliégalas conveniente-mente, formando con ellas los senos que han de encerrar las gemas,grandes y pequeños, según el tamaño y conformación de éstas, y poníaspor vía de ensayo en los parajes donde han de estar. Ten preparada ha-rina de trigo ó de centeno, que amasarás con agua clara en una pequeñavasija, y que pondrás por un rato al fuego: unta con este engrudo elborde inferior de las cintillas con que has formado los senos ó cápsulas,y fija éstas en sus respectivos parajes. Todo así dispuesto, pon al fuegola lámina de oro con las cápsulas, hasta que se evapore toda la humedaddel engrudo, y haz después la soldadura.»—Ya en un capítulo anteriorhabia manifestado el monje Teófilo de qué ingredientes habia de compo-nerse esta soldadura, á saber: de una lejía hecha con ceniza de haya,jabón y grasa rancia de puerco, y de pedazos de cobre con sal, puestos áarder repetidas veces, y á enfriarse otras tantas en agua clara, sin dudapara formar un precipitado de cardenillo, que es la sustancia principal enla soldadura prescrita cinco siglos después por Benvenuto Gellini.
1 Nos servimos de la edición del canónigo Bourassé, que lleva por título: Theophili, qui et Rugerus,Presbyteri et monachi, libri iii de diversis artibus, seu diversarum artium schedula.
faces qu’elles ornent, montre en toute évidence qu’elles n’ont pu être nifondues ni repoussées avec ces surfaces. Elles furent superposées en te-nant certainement bien peu compte des endroits où on les appliquait, etsans qu’on se préoccupât en rien, comme cela se remarque sur la croixprocessionnelle, si l’enchâssure laissait ou non à découvert les ornementsdu fond. Ces chatons recouvrent quelquefois un bout de palmette, d’autresempiètent sur la feuille byzantine qu’ils devaient laisser intacte, ce quiaccuse de suite une implantation dépourvue de symétrie, laquelle fut exé-cutée à l’œil, de même que le refoulement du fond, pour satisfaire seu-lement, sans aucun scrupule, le premier coup d’œil.
Ce système de soudure au moyen du feu, que M. Rada qualifie deprimitif, est le même dont se servirent à l’époque la plus florissante de laRenaissance des orfèvres et des sculpteurs tels que Garadosso, Gellini etles meilleurs argenteurs d’Italie, non seulement pour fixer les chatons auxbijoux, mais aussi pour souder les joints des petites statuettes qu’ils tra-vaillaient d’une manière si ravissante au marteau, c’est-à-dire au repoussé.Il s’appliquait de la manière suivante, comme le décrit Cellini lui-mêmedans son excellent Traité sur Fart de F Orfèvrerie (Trattato sopral’Oreficeria), chapitre v : L’opération de relier les bords (rammarginare)est une des plus délicates de l’orfèvrerie, parce qu’il est nécessaire que lapièce ne paraisse pas avoir été soudée, et que la partie où se trouvait lasolution de continuité se présente comme formant un corps unique etentier. Cette opération délicate s’appelait souder par le moyen du feu(saldare a calore). On compose un mélange d’acétate de cuivre, de selammoniac et de borax ; on le pulvérise et on le dissout dans un vase deverre avec un peu d’eau, puis on l’emploie comme une couleur quel-conque en l’étendant sur les joints qu’on désire réunir et en passant par-dessus une légère couche de borax pur. Ensuite on introduit l’objet dansun fourneau préparé comme pour faire l’émail, et quand le métal com-mence à rougir, on donne de l’air et on s’arrange de façon que la flammese rabatte sur l’objet ; dès qu’on s’aperçoit que celui-ci commence àflamber, et que la pellicule supérieure de l’or commence à se remuer (laprima pelle ), on l’humecte légèrement avec un peu d’eau fraîche. Im-médiatement après on trempe l’objet dans un bain de vinaigre blanc très-fort, avec un peu de sel, et on l’y laisse toute une nuit; le lendemainmatin l’objet apparaît blanchi et sans aucune tache de borax.
Mais il ne suffit pas d’indiquer comment se soudaient au feu deux feui-lles d’or juxtaposées; il est nécessaire d’ajouter comment on procédaitquand il fallait adapter à un creux, ou à une surface quelconque d’or ouvra-gé ou uni, un chaton en or formé de bandelettes, tel que l’enchâssure de lapierre précieuse, et pour cela nous aurons recours à l’autorité du moineThéophile, celui qui avec le plus de soin et de détails, consigna dans sesTrois livres sur les divers arts 1 les meilleurs procédés relatifs à l’orfévre-rie appris des orfèvres byzantins, et apportés en Italie au commencementdu onzième siècle par un fameux abbé de Mont-Gassin. Le procédé que cetécrivain laborieux indique est entièrement semblable à celui dont on se ser-vait pour souder les lamelles ou bandelettes qui formaient les profils d’ordans l’émail cloisonné. Prenant pour type de l’orfèvrerie le grand et mag-nifique calice avec lequel on officiait pontificalement (calix major), le moineencyclopédiste décrit toutes les opérations qui ont lieu sur cet objet jusqu’aumoment de le laisser achevé et parfait, et lorsqu’il arrive à la manière deposer les pierreries et les perles qui rehaussent sa valeur, il prescrit ce quisuit: «Coupez ensuite par petites parties comme des bandelettes, de manièreque chaque bandelette ait un fil ; vous les ploierez aussitôt, et vous en ferezde petites cloisons pour entourer les pierres ; il y en aura des grandes et despetites, suivant la grandeur de chacune, et vous les arrangerez á leur place.Vous aurez aussi de la fleur de farine de froment ou de seigle, que vouspétrirez avec de l’eau dans un petit vase; vous mettrez sur les charbons,pour faire un peu chauffer; vous y plongerez un peu les cloisons, chacuneséparément et par sa partie inférieure, et vous les fixerez à leur place. Tou-tes étant ainsi posées, placez sur les charbons le morceau d’or où vous lesavez fixées, jusqu’à ce que l’humidité de la farine disparaisse, et aussitôtelles adhéreront. »—Déjà dans un chapitre antérieur le moine Téophileavait indiqué de quelles substances devait se composer la soudure, à savoir:d’une lessive faite avec de la cendre de hêtre, du savon, de vieille graissede porc, et de morceaux de cuivre avec du sel, que l’on met au feu plu-sieurs fois et que l’on refroidit autant de fois dans de l’eau claire, sansdoute pour former un précipité de vert-de-gris, qui est la substance princi-pale dans la soudure prescrite cinq siècles plus tard par Benvenuto Gellini.
1 Nous nous sommes servi de l’édition du chanoine Bourassé, laquelle a pour titre: Teophili, qui et Ru-gerus, PRESBYTERI ET MONACHI, LIBRI III DE DIVERSIS ARTIBUS, SEÜ DIVERSARUM ARTIUM SCHEDÜLA.