daron respecto de ellos un tanto rezagados en el terreno de la manode obra, por haber violentado sus genuinas inclinaciones para parecer ro-manos. A esta diferencia se debe sin duda el que, teniendo todos un lazocomún—el oficio aprendido,—hayan demostrado, en cuanto al arte , unformal antagonismo de ideas, de sentimientos y de acentuación.
Todos los críticos versados en el conocimiento de unas y otras pro-ducciones habrán de convenir hoy en esta superioridad que atribuimos ála mano de obra de los nordo-germanos, y en que las obras ornamentalesde los visigodos, áun siendo éstos los más romanizados entre las váriasgentes de la gran familia aria del Norte que invadieron desde el siglo Vlas regiones donde imperaba la cultura pelásgica, presentan todas, seacual fuere la materia en que las ejecutaron y la aplicación que les dieron,—ora como exornación arquitectónica, ora como preseas de uso personal,—cierta rudeza, que desde luégo revela una protesta constante del genionativo empeñado en un propósito que le es contrario. Y como quiera queesta tésis envuelva una afirmación que pudiera producir extrañeza despuésde la apología que hemos hecho de la cultura de la gente visigoda, bienmerece que consignemos acerca de ella algunas consideraciones por víade epílogo del presente estudio.'—Vamos, pues, á someter á una revistageneral, bajo el aspecto del arte decorativo y ornamental, á todos los pue-blos llamados del V al VIH siglo á renovar la sangre del mundo latino.
VI.
Léjos de nosotros el suponer que la poderosa raza germánica estuviesecondenada por sus nativas aptitudes y por sus geniales tendencias, á nosentir jamas la belleza de la ornamentación clásica, que admiraba y nosabía producir. La raza germánica empezaba sus largas y seculares jorna-das en la senda de la civilización pelásgica ó greco-latina; marchaba len-tamente, pero aunque avanzaba poco, sus conquistas eran seguras: tanseguras, que había de llegar el dia en que la antigüedad clásica, de quese apasionó por el mero prestigio de la grandeza de Roma moribunda,tuviese en los germanos sus más sabios intérpretes. Y ¡cómo admirabaesa antigua y clásica civilización el bárbaro del Norte cuando áun eraadolescente! ¡qué prendado se mostró de ella, áun sin comprenderla!
Entre los pueblos llamados bárbaros había unos más adelantados queotros en la escuela bizantina; entre los más adelantados figuraban, pri-mero el ostrogodo, con su sucesor el longobardo, y el visigodo después; sibien podemos imaginarnos á estos pueblos como hermanos gemelos en-cargados por la Providencia de recoger en el Occidente la herencia delromano, su antiguo señor, retirado y adormecido en su encantada man-sión del Bosforo ; los cuales, cediendo también al halago del sensualismooriental, y sin la suficiente energía para continuar la obra de su dueño ymaestro, copian servilmente las formas externas de la civilización de Bi-zancio y amalgaman con cierta briosa originalidad, propia de su raza, enlos productos del arte y de la ciencia, los dos genios, asiático y septen-trional. Fué el visigodo en España , ya lo indicamos al principio de esteestudio, discípulo dócil del Imperio de Oriente , como lo fueron el ostro-godo y el longobardo en Italia ; y la Iglesia de aquellos siglos en ambas na-ciones, alumna fiel de la Iglesia griega, como ella contagiada de la lepradel arrianismo por muy largo tiempo. Hasta en los cambios de fe religiosamarcharon á la par Italia y España sojuzgadas por los bárbaros, abjurando elarrianismo la gente visigoda en la persona de su rey Recaredo en el tercerConcilio toledano, y abjurándolo también los longobardos en la personade su rey Agilulfo . Más aún, Italia y España eran las únicas naciones delOccidente cuyos dominadores se despojaban de sus nativos instintos paraamoldarse al gusto de Bizancio en el terreno de las artes suntuarias. Perola superioridad del Imperio romano de Oriente era cosa reconocida: dela Sicilia al Danubio , de la Panonia al Océano Atlántico , de Calpe al Ga-rona, todos los pueblos que dominaban los bárbaros más latinizados lecontemplaban como su modelo. Los más inteligentes artífices de Roma ,aquellos que habían hábilmente secundado la generosidad de Constantinoal colmar de magníficos presentes las iglesias de la nueva metrópoli delmundo cristiano, se trasladaron con él á Constantinopla , y allí, bajo lainfluencia del arte y de los artífices del Oriente, formaron una escuelanueva, en que el lujo, tomando un incremento inusitado, prevalecía sobrela forma. Las obras caprichosas de estos artífices llegaron á producir unaverdadera infatuación. No era ya la exornación de los altares en los tem-plos el objeto principal de la orfebrería; los palacios rivalizaban con lasiglesias, y las mujeres ostentaban en sus alhajas una riqueza inaudita.
d’Espagne restèrent un peu en arrière au point de vue de la main d’œuvrepour avoir fait violence à leurs tendances naturelles dans le but de paraîtreromains. À cette différence faut-il sans doute attribuer que tous, avec unlien commun—le métier appris,—aient montré en ce qui touche T art unantagonisme formel d’idées, de sentiment et d’expression.
Tous les critiques versés dans la connaissance des productions desuns et des autres, devront dorénavant admettre cette supériorité de lamain-d’œuvre des nordo-germains, et en outre que toutes les œuvresd’ornementation des visigoths,—de ce peuple le plus façonné à la ro-maine entre tous les peuples de la grande famille aryenne qui envahirentdepuis le cinquième siècle les régions où la civilisation romaine tenait sonfoyer,—présentent, quelle que soit la matière avec laquelle elles aient étéexécutées et l’application qu’elles aient reçu, soit comme décoration ar-chitectonique, soit comme bijoux à usage personnel, un certain défaut quiindique de suite une protestation constante du génie natif engagé dansune voie qui lui est contraire. Quoi qui’il en soit, cette thèse renfermantune affirmation qui pourrait produire de l’étonnement après l’apologieque nous avons faite de la culture du peuple visigoth, mérite bien quenous y consacrions quelques considérations en manière d’épilogue à laprésente étude.—Nous allons donc passer en revue l’œuvre décorative etornementale de tous les peuples qui du V e au YIIF siècle ont renouveléle sang du monde latin.
VI.
Loin de nous la pensée que la puissante race germanique fût con-damnée par ses aptitudes natives et par ses tendances naturelles à nejamais sentir la beauté de l’ornementation classique qu’elle admirait et nesavait produire. La race germanique commençait ses longues et séculairesétapes dans le sentier de la civilisation greco-latine ; elle marchait lente-ment, mais quoiqu’elle avançât peu, ses conquêtes étaient sûres: si sûresque le jour devait arriver où l’antiquité classique, dont elle se passionnapar le simple prestige de la grandeur de Rome expirante, eût chez lesgermains ses plus savants interprètes. Gomme le barbare du Nord, encorejeune, admirait cette antique et classique civilisation! Comme il se montraitpassionné pour elle, même sans la comprendre!
Parmi les peuples appelés barbares, quelques uns avaient profité plusque les autres de l’école byzantine. Entre les plus avancés figuraient, enpremier lieu l’ostrogoth et son successeur le longobard, puis le visigoth,bien que nous puissions considérer ces peuples comme des frères jumeauxdestinés par la Providence à recuillir dans l’Occident l’héritage du peupleromain, leur ancien maître, retiré et endormi dans sa délicieuse de-meure du Bosphore. Ces barbares cédant aussi à l’attraction du sen-sualisme oriental et ne possédant pas assez d’énergie pour continuerl’œuvre de leur maître, copient servilement les formes extérieures de lacivilisation de Byzance et accouplent avec une vaillante originalité, propreà leur race, dans les produits de l’art et de la science, les deux génies del’Asie et du Nord. Le visigoth fut en Espagne , ainsi que nous l’avons déjàindiqué au commencement de cette étude, le docile apprenti de l’Empired’Orient, comme le furent en Italie l’ostrogoth et le longobard ; et l’Eglisede cetle époque dans les deux pays, élève fidèle de l’Eglise grecque,comme celle-ci infectée de la lèpre de l’arianisme pendant très-longtemps.Jusque dans les changements de foi religieuse, l’Italie et l’Espagne sub-juguées par les barbares marchèrent de pair, le peuple visigoth abjurantl’arianisme en la personne de son roi Reccarède au troisième concile de To lède , et les longobards l’abjurant aussi en la personne de leur roi Agilulfe.Il y a plus, l’Italie et l’Espagne étaient les seules nations de l’Occident oùles dominateurs se dépouillaient de leurs instincts natifs pour se formerau goût de Byzance dans tout ce qui avait rapport aux arts somptuaires.Mais la supériorité de l’Empire romain d’Orient était chose reconnue : dela Sicile au Danube , de la Pannonie à l’Océan Atlantique , de Galpé à laGaronne , tous les peuples soumis au joug des barbares les plus latinisés,le considéraient comme leur modèle. Les artistes les plus compétents deRome, ceux qui avaient habilement secondé les prodigalités de Constantinlorsque celui-ci avait comblé de magnifiques présents les églises de lanouvelle métropole du monde chrétien, se transportèrent avec lui à Cons-tantinople, et là, sous l’influence de l’art et des artistes de l’Orient, ilsavaient formé une nouvelle école dans laquelle le luxe prenant un accrois-sement inusité, l’emporta sur la forme. Les œuvres de fantaisie de cesartistes arrivèrent à produire une véritable infatuation. La décoration desautels dans les temples n’était déjà plus l’objet principal de l’orfèvrerie;
A
foi.