CORONAS Y CRUCES VISIGODAS DEL TESORO DE GUARRAZAR.
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de su laboriosa y bien empleada existencia; pero Gassiodoro era italiano ,como nacido en Scylaceum ó Squilacce (en la Calabria ulterior). Tiénenseya hoy, finalmente, por obra de bizantinos ó neo-griegos de épocas pos-teriores la mayor parte de los mosaicos que con poca crítica atribuían losanticuarios de principios de este siglo al tiempo de Teodorico, en lostemplos de Ravena que acabamos de citar. Pero de lo que no cabe dudares del florecimiento que bajo su reinado alcanzó la orfebrería. Sidonio Apolinar nos refiere en sus curiosas y entretenidas cartas 1 que Teodorico,á fuer de hombre de gusto, desterrando de su mesa las alhajas macizas,pesadas y sin estilo, propias de los magnates incultos, se hacía servirdiariamente en hermosa vajilla cincelada con exquisito arte. Es sabidoque cuando fué á Roma en el año 500, el Senado le votó una estatuade oro, y él, por su lado, á pesar de ser arriano, depositó sobre el se-pulcro de San Pedro una cuantiosa ofrenda, parte de la cual se cree em-pleó el papa San Símmaco para hacer ejecutar las numerosas piezas deorfebrería que nos describe el Liber pontificalis . En tiempo del papa San Hormisdas volvió Teodorico á ofrendar en la basílica del Príncipe de losApóstoles dos magníficos candelabros de plata de 70 libras de peso cadauno. Es sabido también que la orfebrería siguió cultivándose despues dela muerte del fundador del reino de Italia 2 , y que el rey ostrogodo Theo-dato se obligó, por un tratado que celebró con Justiniano , á mandar to-dos los años al Emperador de Oriente una corona de oro de 500 librasde peso, y á no consentir que le erigieran á él estatua alguna de bronceni de ninguna otra materia, á no ser que se erigiese en sus dominios otraá Justiniano .
Con las guerras de Belisario y de Narsés , y las invasiones sucesivasde los francos y alemanes en Italia , debieron forzosamente decaer todaslas artes en el reino de los ostrogodos; y, sin embargo, la orfebrería si-guió floreciendo en Ravena , huérfana ya de sus reyes y convertida ensede de los exarcas bizantinos. El arzobispo San Ecclesius, muerto en elaño 542, enriqueció su iglesia metropolitana con multitud de vasos deoro realzados de piedras preciosas 5 , y su sucesor Víctor, en el año 546,hizo levantar sobre el altar de la iglesia de San Ursino un tabernáculo deplata 4 . San Maximiano y San Agnello (años 555 y 556) imitaron á suspredecesores é hicieron considerables donativos de objetos de orfebrería ásus respectivas iglesias 3 . Esto nada tiene de extraño, por cuanto Ravena disfrutaba del beneficio de la paz bajo la protección de Justiniano , y eradueña de surtirse en Constantinopla de alhajas, de orífices y de joyeros,como se surtía de mosaicistas 6 .
Pero nada subsiste, al ménos que sea conocido, de la orfebrería delos tiempos de Teodorico y sus sucesores. Ya fuesen los mismos ostro-godos los orífices, lo cual no es probable, ya fuesen griegos ó latinos losque para ellos trabajaron; si bien existen todos lo referidos datos paracreer que la orfebrería en la córte de aquellos reyes floreció grandemente,la carencia absoluta de ejemplares que examinar no nos permite fundaren alhajas ostrogodas determinadas la prueba de nuestro tema, es á sa-ber : que el arte de los ostrogodos fué un lenguaje romano hablado conacento bárbaro. Apénas sabemos cuál era la ornamentación arquitectó-nica que á aquella orfebrería sirvió de venero, porque casi ninguna de lasconstrucciones con que emuló Teodorico la magnificencia y el gusto delos emperadores de Oriente ha quedado en pié. Las ruinas de la que pu-diéramos llamar acrópolis de Terracina, que el erudito d’Agincourt mi-raba como vestigios de un gran palacio de Teodorico 7 , hoy no se estimantales; la misma mole sepulcral del rey ostrogodo, erigida fuera de Rave na , perdió, pasando sobre ella el oleaje de otros tiempos y de otras razas,mucho de su carácter primitivo. Pero los adornos del plinto que exte-riormente corona el edificio subsisten en verdad en su originaria disposi-ción y forma, y por ellos colegimos que la ornamentación de esta moleera, más que de estilo romano ó griego, de carácter enteramente oriental.Egipcios son, en efecto, y de la época en que la arquitectura de los Fa raones recibía la influencia del arte asirio, los caireles ó madejas, se-mejantes á borlones ó flecos pendientes de patenas ó platillos, que exornanel referido plinto, como puede cualquiera comprobarlo con sólo recordar
passa les dernières années de son existence laborieuse et bien remplie ;mais Gassiodore était italient, car il naquit à Squillace (dans la Calabre ul-térieure). On considère aujourd’hui finalement comme œuvre des byzan-tins ou néo-grecs appartenants à des époques postérieures, la plus grandepartie des mosaïques des temples de Ravenne dont nous venons de par-ler, mosaïques que les antiquaires du commencement de ce siècle attri-buaient sans critique au temps de Théodoric . Mais ce dont il n’est paspermis de douter c’est du développement que prit l’orfèvrerie sous sonrègne. Sidonie Apollinaire nous raconte dans ses curieuses et intéressanteslettres 1 , que Théodoric , comme homme de goût, éloignait de sa table lesobjets massifs, lourds et sans style, propres à des seigneurs incultes, et sefaisait servir tous les jours dans une belle vaisselle, ciselée avec un artexquis. On sait que lorsqu’il alla à Rome, en l’an 500, le Sénat lui votaune statue d’or. Théodoric de son côté, bien qu’il fût arien, déposa sur letombeau de Saint-Pierre une riche offrande, dont une partie fut employée,par le pape Saint-Symmaque à ce que l’on croit, pour faire exécuter lesnombreuses pièces d’orfèvrerie que nous décrit le Liber pontificalis. Ilrevint à Rome du temps du pape Saint-Hormisdas pour offrir en présentdans la basilique du prince des apôtres deux magnifiques candélabresd’argent pesant chacun 70 livres. On sait aussi que l’orfèvrerie continuaà être cultivée après la mort du fondateur du royaume d’Italie 2 , et que leroi ostrogoth Théodat s’engagea, par un traité passé avec Justinien , àenvoyer tous les ans à l’empereur d’Orient une couronne d’or du poidsde 500 livres, et à ne pas consentir qu’on lui élevât une statue quelconquede bronze ou d’aucune autre matière, a moins qu’on n’en érigeât une autredans ses Etats en l’honneur de Justinien .
Avec les guerres de Bélisaire et de Narsès et les invasions successivesdes francs et des allemands en Italie , tous les arts durent forcémenttomber en décadence dans le royaume des ostrogoths, et cependant l’or-févrerie continua à fleurir à Ravenne , privée déjà de ses rois et convertieen résidence des exarques byzantins. L’archevêque Saint-Ecclésius, morten 542, enrichit son église métropolitaine d’un grand nombre de vasesd’or rehaussés de pierres précieuses 5 , et son successeur Victor , en l’an546, fit construire sur l’autel de l’église de Saint-Ursin un tabernacled’argent 4 . Saint-Maximien et Saint-Agnel (années 555 et 556) suivirentl’exemple de leurs prédécesseurs et firent des dons considérables d’objetsd’orfèvrerie à leurs églises respectives 5 . Cela n’a rien d’étonnant attenduque Ravenne jouissait des bienfaits de la paix sous la protection de Jus tinien , et pouvait se procurer à Constantinople des trésors, des orfèvres etdes joailliers, comme elle se procurait des mosaïstes 6 .
Mais rien n’est resté, au moins qui soit connu, de l’orfèvrerie dutemps de Théodoric et de ses successeurs. Que les ostrogoths eux-mêmesfussent les orfèvres, ce qui n’est pas probable, ou que ceux qui travail-laient pour eux fussent grecs ou latins, bien qu’il existe tous les rensei-gnements déjà mentionnés pour supposer que l’orfèvrerie à la cour deces rois fleurit grandement, le manque absolu d’exemplaires à examinerne nous permet pas de tirer de joyaux ostrogoths déterminés la preuvede notre proposition, à savoir, que l’art des ostrogoths fut un langageromain parlé avec un accent barbare. Apeine savons nous quelle étaitl’ornementation architectonique où cette orfèvrerie puisait ses motifs,presqu’aucune des constructions par lesquelles Théodoric imita la magni-ficence et le goût des empereurs d’Orient n’étant restée debout. Lesruines de celle que nous pourrions appeler acropole de Terracine et oùl’érudit d’Agincourt voyait les vestiges d’un grand palais de Théodo-ric 7 , ne sont plus aujourd’hui considérées comme tels. Le tombeau co-lossal même du roi ostrogoth, érigé en dehors de Ravenne, a perdu,par suite des ravages d’autres temps et d’autres races qui ont passédessus, beaucoup de son caractère primitif. Mais les ornements de laplinthe qui à l’extérieur couronne l’édifice, subsistent en réalité avecla disposition et la forme qu’ils eurent originairement, et nous pouvons enconclure que l’ornementation de ce tombeau était plutôt que de style ro-main ou grec, d’un caractère entièrement oriental. Les tresses qu’ornentla plinthe dont il s’agit, semblables à des franges suspendues à des pa-tères, sont en effet égyptiennes et de l’époque où l’architecture des Pha-
1 Sidonii Apollinaris, Opera, Epist., lib. I, epist II.
■ Consla por un tratado que Theodalo, sobrino de Teodorico y tercer rey ostrogodo, celebró con Pedro, em-bajador de Justiniano . —V. á Procopio , De bello gothico, lib. I, cap. VI.
5 V. á Fabri, Le sagre memor ie di Ravenna antica.
1 Spicilegium Ravennatis historice, ap. Muratori, Rer . ital. Scrip., I. I, p. 57G.
3 Fabri, loc. cit.
6 Pruébalo latamente Ciampini en su obra Vetera monimenta, etc.
1 Storia deU'arte, etc., t. II, Parte prima, p. 104.— Edición de Prato, 1820.
1 Sidonii Apollinaris, Opera, Epist., liv. I, epist. II.
2 Cela est constaté par un traité que Tbéodat, neveu de Théodoric et troisième roi ostrogoth, célébra avecPierre, ambassadeur de Justinien.—V. Procope , De bello gothico, liv. I, cbap. VI.
3 V. Fabri, Le sagre memorie di Ravenna antica.
1 Spicilegium Ravennatis historice, ap. Muratori, Rer . ital. Scrip., t. I, p. 576.
5 Fabri, loc. cit.
G Ciampini le prouve avec extension dans son ouvrage Vetera monimenta, etc.
7 Storia deWarte, etc., t. II, Parie prima, p. 104. —Edit, de Pralo, 1826.