XX
PRÉFACE.
peu attrayante par son extérieur . maisqui porte des baies d’un noir luisant. Laressemblance qu’il leur trouve avec descerises, fait que ce malheureux, trompépar une apparence aussi séduisante , s’ima-gine que rien n’est plus propre que cesfruits, à satisfaire son envie ; il n’iiélîtepoint à en manger une bonne quantité,en se réjouissant de cette trouvaille. IIporte à ses ensans une branche chargéedes mêmes fruits, & se fait une fête deles en régaler comme d’un rafraîchissementqu’il avoit trouvé à la sueur de son visage,
A peine est-il couché, qu’il devient inquiet& commence à entrer en délire ; sa femmea auísi-tót recours à l’antidote universel despaysans, c’est-à-dire à l’eau-de-vie, dontelle lui donne à boire ; mais bientôt après,il est saisi d’un frisson, il saute hors du lit,devient furieux : après quoi il est agité pardes convulsions, dont les secousses font siviolentes, qu’elles le jettent dans l’accable-ment & le privent de tous ses sens. Enfin,au bout de douze heures, une mort af-freuse rend ce malheureux la triste victimede son ignorance & de son imprudence.
Peut-on après de tels exemples, n’étrepas convaincu de la nécessité indispensa-ble , de mettre dans tous les pays, à la por- ,