Jur les Poisons en général, & c. 11
parce qu’accoutumé à suivre l’exemple deses semblables , il a pris l’habitude de né-gliger l’avertissement de ces íëns qui luiont été donnés pour veiller à fa conser-vation ( b h ). Au relie il est connu que lesvoyageurs livrés à eux-mêmes dans despays inconnus, savent fort bien se garderdeà erreurs qui pourroient leur être funes-tes à cet égard, en ne mangeant que desfruits seulement dont ils voyent que lessinges ou les oiseaux se nourrissent, z”. IIest vrai que les plus terribles poisons tirésdu régné minéral , n’ont point d’odeur ;mais outre que l’art seul les a mis à notreportée, (on ne doit donc pas les mettrefur le compte de la Nature ), s’il arriveque l’odorat ne nous fasse pas connoîtreleurs vertus délétéres, le goût ne manque
[<&/:>] M. de Halier parle ailleurs d’un hommesauvage , qui distinguoit par l’odorat les plantes co-mestibles, aussi-bien que le font les moutons : & cegrand physiologiste dit avoir appris dans ses voyagespar les Alpes, quelque chose de semblable d’un en-fant élevé parmi les bêtes , & imbécile , qui savoitfort bien trier sur une poignée d’herbes qu’il avoitarrachées , celles que son odorat lui conseilloit. Pbysibid. p. 179. J’ai regret que les bornes que je mefuis prescrites, ne me permettent pas de faire partà mes lecteurs de tout ce que M. de Halier dit d’inté-resiant fur ces matières. Je les invite à jouir eux-mêmes de ce tableau peint d’après nature, & dontje n’ai pu leur sairs entrevoir que la moindre partie.