Z2
Discours préliminaire
quoiqu’elle soit un bon délayant & très-propre à dissoudre les sels, ne fait que glis-ser sur les matières tenaces & grasses, &passe d’ailleurs trop vite pour pouvoir pé-nétrer au-delà des premieres voies (l’esto-mac & les boyaux); ce qu’elle fait très-bien quand on y a fondu du savon. La meil-leure maniéré de le donner contre les poi- ■sons acres, acides Sc astringens, dont il estl’antidote, eít celle-ci. On fond une oncede savon de Venise, de Gênes ou d’Eípa-gne dans trois livres (environ trois quartsde pot) de lait, & on y ajoute un peu desucre, pour en boire copieusement.
A détaut de lait, on peut prendre del’eau; on peutauífi au lieu de sucre, en cor-riger le mauvais goût avec du miel ou quel-ques gouttes de baume du Pérou. Si oumanque de ces savons étrangers, on peutse servir de savon ordinaire , fur-tout dusavon blanc;''pour le savon noir, ou celui^ui n’a pas de conlìltance, on ne l’employepas à l’intérieur. Cependant il est bon d’ob-server que l’usage du savon commun n’estpas sûr, parce qu’on le prépare souventavec des graisses de rebut, corrompues,ou d’animaux malades. .
Le Miel. Diosconide le regardoit déjacomme un bon contrepoison, soit qu’onle prenne seul, ou délayé dans de Peau, dulait, &c. II agit en qualité de savonneux.
Le