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Mémoires Histori q^ú
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flattez. Les Terres furent cultivées, les récoltés furent abondantes & sagement parta-gées entre les Maîtres &les Sujets -, tous deux hûreux par la possession tranquille de cequ’ils avoient-, le Franc par le travail & l’industrie du Gaulois, & celui-ci par la secu-*rite que le Prince lui procurait. Cette hureufe police fit reparoître les métaux précieuxqui sembloient avoir abandonné la Gaule depuis fi long tems ; mais loin encore desuivre la mauvaise politique des Romains dans l’affoiblissement de leur monnoye, celleque les François firent frapper, dont il nous reste des échantillons, fe trouve au plusfin. Ce qui fait une preuve, non pas de la dignité de la Couronne de France, commequelques-uns * l’ont dit, fur le fondement qu’il n’y avoit que la Monnoye Impériale àce titre : mais de la sagesse du Gouvernement François, qui fçût profiter de toutes lesfautes qui avoient ruiné les Romains.
* Metcréjdans sonHist. & léB'.enc da nsson Hist.de iaMonnoye
IV. Partage egal entre les François.
II. T" E second droit de la Nation Françoise, suivant la division que j’en ai faite,»-U consistoit au Partage égal entre les particuliers de tout ce qui avoit été acquisà péril ou fraix communs : Prémiérement du Butin, quand la Nation vivoit de pillage& ensuite des Terres conquises, quand elle fut en état d’en jouir. Que si ce droit n’estpas regardé comme un avantage : il fait du moins la preuve de Légalité de tous ceuxqui y prenoient part & de l’éxacte justice qui règnoit entr’eux, en conséquence de la-quelle le Généra] de l’Armée, ou le Roi même n’ávoit aucun droit fur les portions par-ticulières, non pas même par raison d’Etat.
Je ne voudrois point rappeler ici l’histoire si connue du Vase de l’Eglise de Soissons,qu’un François refusa à Clovis au dessus de fa portion, parce qu’il le vouloir rendre al’Evêque qu’il desiroit engager dans les intérêts de la Nation : car si d’une part on ytrouve un éxemple de l’âncienne liberté des Francs & de l’étenduë de leur crédir, pui$que l’opposition d’un seul mettoit obstacle à la volonté du Roi, on y trouve ausiì-totaprès une entreprise contre le droit de cette liberté, ou plûtot l’uíage d un faux pré-texte pour perdre un hoírime non coupable, mais odieux ; & plut au Ciel que tels éxem-ples fussent oubliez pour jamais, ou que le principe qui les fournit, fut effacé du cœurdes Princes ! On voit toutefois dans cet éxemple les deux fonctions de Clovis bien di-stinguées : comme Roi, c’est a dire, comme Chef de la justice, il acquiesce à un droitcertain, par lequel le partage devoit être égal & la propriété absolue ; mais il demeureoffensé contre celui qui en use & en qualité de Général il punit de mort dans une autr eoccasion celui dont il n’avoit pû fe yanger fous son premier titre.
Je pourrois n’en dire pas davantage fur ce sujet, mais me souvenant d’avoir oui al-léguer le meme fait par un habile homme, pour une preuve de l’autorité despotique deClovis ; tant il est vrai que les faits les plus évidens peuvent être tournez differemmentselon les préjugez de chacun ; je crois devoir à la vérité quelque chose de plus que ceque j’ai dit. Grégoire de Tours, qui rapporte cette histoire, met à la bouche des offi_ciers de l’Armée auxquels Clovis avoit fait la demande du Vase en question, qn com-pliment qui sert de prétexte à l’homme dont je parle : Comme Vous étés Roi, leur faitdire Grégoire, personne ne peut s' opposer à votre volonté & ìl est inutile de demander ce dontvous pouvez, disposer, étant maître absolu. Je crois donc que l’on peut répondre à l’ar~gument, tiré de ce prétendu discours, qu’il est visiblement supposé : 1. Parce que siClovis eut été le Maître, il n’auroit pas remis l’Evêque au partage du butin qui se de-
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