Mémoires Histori q^u f s.
dans la pratique, ni souvenir chez les plus intéressez ? Un droit fondamental, qui a été
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la base de la Constitution dans le Gouvernement, qui a vieilli avec lui pendant plusde mille ans, se trouve tellement oublié, que plusieurs font portez à croire qu’il n’a ja-mais existé, & que ceux qui le représentent dans son ancienne étendue, font des Fai-lèurs de Systhèmes, qui ne donnent pas même de probabilité à leurs idées.
Droit de Guerre parmi lesFrançois.
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IV. TJ'NFIN chaque particulier François avoit droit de défendre fa personne, s a ]i- Droit iìeF. berté, son bien, son intérêt, & generalement tout ce qui lui appartenoit di-rectement, contre les entreprises de qui que ce pût être.
Cette grande étendue du droit François fait naître d’abord un sentiment de répug-nance que l’on ne peut surmonter que par la réflexion. En effet, il paroit incompati-ble avec l’autorité des Loix & le bon ordre d’un Etat, que les particuliers se fissentfaire justice eux-mêmes dans un autre cas que celui de la défense de leur vie ; mais si l’onconsidéré que la liberté & l’honneur étoient plus chers aux François que leur vie, ilfaudra étendre le droit de la défense à ces deux chefs, comme à l’autre : & si à cettepremiere considération on en ajoute une seconde sur les circonstances qui pouvoient in-téresser la liberté ou l’honneur, il se trouvera des raisons pour justifier la défense danstoute l’étenduë où ils la pratiquoient. La protection des Loix est accordée aux plusfoibles ; on en convient : mais l’honneur ne souffre-t-il rien à la recherche ? on recon-noit du moins fa faiblesse & son désavantagé, & il est dur d’en convenir avec un en-nemi.
Mais cette faiblesse étoit infiniment déshonorante aux premiers François, nez tous e-gaux & partagez tous également. Elle ne pouvoit être que personnelle : ainsi il nefaut pas s’étonner qu’aucun ne la voulut avouer, & que les Loix n’y contraignifíentpersonne, d autant plus qu’aucun Législateur ne s’est mêlé de cet OUVl'age & que c’estla Nation entiere qui a fait ses loix par usage & par sentiment plutôt que par poli-tique.
Je ne prétens point justifier ici un endroit barbare, qui a été le principe d’une infini-té de guerres intestines ; mais je dois dire qu’il a été universellement exercé & qu’il n’a
jamais été combattu que dans les derniers tems. On voit bien que la Religion y a ap-
porté quelques tempéramens : on voit encore que dans les grands périls de la Monar-chie, on a surcis l’éxercice pour occuper tous les membres de l’Etat à repousser l’enne-mi commun. II étoir juste en effet que les différens particuliers, non feulement d’hommea homme, mais beaucoup plus ceux de Seigneur à Seigneur qui attachoient un grandnombre de personnes à un objet indifférent au reste de la société, cédassent à un intérêtgénéral ; mais on ne prétendent pas alors que ces guerres particulières fussent autantd’attentats à la dignité des Rois ; qu’elles confondissent le droit souverain avec celuides sujets, & qu’elles renversassent les loix divines & humaines ; qu’elles affoiblissentl’Etat ; qu’elles eussent éteint la Noblesse ; ou enfin qu’il y eut moins de grandeur d’ameà les entreprendre ou à les soutenir, qu’à remettre ses intérêts à l’arbitrage des Loix ouà la protection du Roi : on croyoit au contraire qu’elles animoient les courages, qu’el-
les foutenoient les sentimens de l’honneur, qu’elles faisoient connoître les gens de cœu r
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