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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

mune, les serfs qui avoient long rems servi ou des femmes, ou de vieux maîtres, obte-noient d’eux pour récompense d’étre donnez à des Eglises. Voilà ce qu’on peut direde l’état des serfs parmi les Francs.

Origine des DigniteZ parmi les

François.

S

A t; ci R.: N. TTENONS à présent aux François mêmes, dont l’état est l’objet principal de nô-Digkitez y tre s^àerche & montrons de quelle maniéré ces Conquérans, nez tous égaux &partagez tous également, ne laiíîerent pas de íe trouver en peu de tems divisez en deuxconditions, les Grands de l’Etat, Optìmates , comme Childebert les nomme dans son de- jcret, & les Hommes Ordinaires, Leudi noftri -, distinction qui fut établie par des termespropres dans les deux Langues Franque & Gauloise, puis que dans la premiere le nomde Druds & dans la seconde celui de Foufs, étoient les titres qui se donnoient ordi-nairement aux personnes d’un rang supérieur, dont il est difficile aujourd’hui de don-ner ou l’étymologie ou la véritable signification.

Nous avons vû qu’avant la Conquête de l’Aquitaine, les Francs avoient plusieursRois différens, leíquels n’ayant pour eux que le droit de leur naiíïànce lans Généralat& fans Armée, furent aisément la proye du plus fort, quand Clovis s’avisa de les dé-pouiller & de les immoler à son ambition : mais quand il eut aboli ces Rois, il salutleur substituer d’autres Magistrats -, un grand Corps de Monarchie ne pouvant se soute-nir sans un ordre hiérarchique, qui fait la liaison des Membres & qui leur donne laforce & le ressort. II avoìt déja bien connu la nécessité de cette subordination, quand,après la réduction de la Neustrie, il établit un Roi pour ce païs-là, qui résidoit au Mans.Depuis, la jalouzie du titre l’engagea à ne plus former de Royaume & à employersimplement les Magistratures Romaines, Duchez, Comtez, Vicairies, &c. 11 y avoirnéanmoins, ou plûtôt il pouvoit y avoir un grand obstacle à cet établissement. Carsi le nom des Magistrats Romains étoit agréable aux Gaulois, qui y étoient accoutu-mez, la raison contraire le pouvoit rendre odieux aux François, qui ne le connoissoientpoint & qui souverainement amateurs de leur liberté, pouvoient craindre que cettemultiplication de Supérieurs n’éxìgeât plus d’obéissance qu’ìls n’avoient de coutume d’emrendre. Mais ce peuple donna dès lors une preuve de fa docilité, ou plutôt de l’in-attention que fa postérité pratique depuis tant de siècles, fur les matières de gouverne-ment : chaque particulier se flatta vraisemblablement que ce changement de l’ancienneDiscioline, lui seroit favorable, puis qu’à la place d’une Royauté héréditaire, dont ilétoit naturellement exclus, on formoit les Dignitez destinées à tous les François quiauroient assez de talens pour les remplir, & qu’ainsi au lieu de la possession d’un héri-tage médiocre, à laquelle la Loi commune l’appeloit, il auroit droit de prétendre àcelle de plusieurs Villes ou d’une Province entiere, s’il étoit aidé de la Fortune. Cesgrands objets prùent éblouir fans doute tous les François par ce principe, loin d’êtrecontraires aux desseins de Clovis. Le succès nous montre qu’ils s’empresserent tous d’yconcourir : de forte que nous pouvons dire que le principe de l’Union qui a fondé laMonarchie fur les ruines d’une espèce d’Aristocratie qui avoit été son berceau, n’a étéautre chose que l’ambition mal-entenduë des particuliers.

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Nous