Band 
Tome premier.
Seite
36
JPEG-Download
 

♦

M F- moires Histori au E s.

Digwtez troupes, & par conséquent de Magistrats supérieurs. A la vérité les Villes avoient leursFi des c Sivirs, 'beceuroirs & Juguftules, qui les gouvernoient avec le territoire de la dependanceselon l’espèce de droit qui leur avoit été accordé, soit Latin, soit Italique, ou de Co-lonie : niais depuis la nouvelle méthode, introduite par Constantin dans les Finances,lors qu’il réduisit tous les Impôts a une Capitation pécuniaire, dont il commit 1 imposi-tion à des Députez ou Intendans étrangers au pais où on les envoyoit & absolus dansleur fonction ; toute cette Magistrature s’éclipsa, & dans le fond on ne l’avoit jamaisbien connue au Nord de la Gaule. En un mot, on est surpris en lisant la Notice del’F moire de trouver cinq Ducs, six Consulaires &onze Présidenssur la frontière du Rhin*,pendant que tout le reste de la Gaule ne reconnoissoit d’autres Magistrats,que les Ex-acteurs ou ceux qui leur prêtoient main forte pour la perception des sommes imposées.Cc n’est pas que l’on ne voye quelquefois des Ducs & des Comtes employez dans lesProvinces, en vertu de quelque Commission spéciale des Empereurs ou du Préfet duPrétoire des Gaules ; mais ils doivent être plûtôt regardez comme des Commissaires dé-léguez à certaine fin, que comme des Magistrats ordinaires.

°Le premier changement que les François firent donc à cet égard, fut de diviser leurterrain en Magistratures subordinées les uns aux autres, & comme les Thunginats ouCentaines avoient été les premieres établies du moins dans les Terres Françoises, cefut en les assemblant dans une certaine quantité, que l’on composa les Vieairies, lesComtez & les Duchez.

Tout au contraire, ou par un ordre renverse, dans la Neustrie sir dans 1 Aquitaine,la division se dût faire premierement en Provinces ou Duchez, que l’on subdivisa enComtez ou en Vieairies, fans passer jufqu’aux Centaines, parce que comme on l’a déjadit il rt’v avoit pas en ce païs un assez grand nombre de Francs pour les assembler enCentaines Vans renfermer une immense étfcnduë de païs. C’est aussi pour cela, quedans ces mêmes parties de la Gaule, Neustrie & Aquitaine, les Duchez & Comtez ontpris leur dénomination des Provinces ou des grandes Villes ; au lieu que dans la Franceuropre, ctest à dire, dans ì’étenduë d’entre le Rhin, la Seine & la Loire, les Duchez &

’ Comtez ont porté des noms barbares & inconnus avant ce tems-la & qui n’ont pas lemoindre rapport avec les Divisions Romaines, m ordinairement avec les Villes pnnci-

1 du Païs ; d’où il est arrivé que quand la Discipline Françoise s’est anéantie, lesP a „ e ‘ -p. , ' Rr Comtez se sont si bien évanouis, que l’on fait à présent des questions

problématiques non seulement sur leurs limites, mais fur leur situation, que 1 on n’e-tablit que par conjectures. C’est ainsi que la Duché de Denlelin a disparu, quoiqu’ilfut autrefois si considérable, que la cession qu’en fit Clotaire II. à Theodebert, Rotd'Australie, après la bataille d’Ormeil, rétablit la paix entre les Princes & sauva laCouronne à Clotaire. J’en pourrois dire autant du Comte d’Almaric, &c.

Or que les terres Françoises ayent été les plus considérables dans la Monarchie,n’en iauroit douter, après les exemples de la division qui s’en fit entre les Enfansd” Cîovis & entre ceux de Clotaire I. On voit en effet que leurs Royaumes ne furentcom osez que de terres Françoises depuis le Rhin jusqu’à la Loire. Les Capitales deleunfEtats sont situées dans cette étendue & il n’y a point de doute que dans lepartase on fortna ces Royaumes de pareil nombre de Duchez Françoises, qm com-pr en estent par même raison pareil nombre de Comtez & de Thunginats : Defunclo Clo --doveo Régi dit Grégoire de Tours, quatuor filh ejus regnum acápiunt &? inter se aeyx alance divìdunt. C’est à dire, qu’après la mort de Clovis ses quatre i s purent son Ro-yaume & le divisèrent entr’eux à la balance : ce qui signifie une parfiute égalité. Onn’eut point alors égard à l’étenduëdes païs & certainement un , , ° U

strie auroit été bien plus puissant selon nos idées présentes, qu un Roi e oissons. Nullecomparaison dans le nombre des Provinces qu’il auroit eues fous a omination, &parconséquent nulle comparaison dans la quantité de son peuple, ni dans les ressources qu’il