M E M O I R E S H I S T O R I Q_ U E S. g J
en auroit pû tirer : mais ón ne raisonnait point encore fur de tels principes. Les DìgnítesF rancs ne pensaient pas qu’un Royaume pût subsister avec des sujets purement esclaves, Fr ^.ou que l’on pût former de bonnes armées autrement qu’avec des soldats libres qui fis-sent la guerre par intérêt aussi bien que par honneur. Les malhûreux Gaulois sortantdu joug des Romains, épuisez de forces & de courage, après avoir langui plus de 500 ansdans l’obscurité & dans l’opprestion, ne lailToient esperer aucune défense, ni refîourcedans les armées que l’on auroit formées de leur Nation : ce fut par ces raisons que lesEnfans de Clovis, ayant à partager le Royaume de leur Pere, divisèrent d’abord lesterres Françoises à la balance, afin d’avoir chacun pareil nombre de bonnes troupes &qu’à l’égard de la Neustrie & de l’Aquitaine, ils s’engagerent à les conserver à fraixcommuns, les élevans assez pour ne vouloir pas les perdre, mais trop peu pour en faireleur Capital.
II auroit été bien utile pour mon dessein, de trouver quelque ancien détail de cespartages ; mais il ne reste aucun monument des Traitez de ce tems-là, fi l’on en ex-cepte la pacification d’Andelot, que Grégoire de Tours a conservée, mais qui est bienpostérieure à ce tems-là. D’ailleurs la négligence des Auteurs nous laisse dans Pigno-rance de la plupart des circonstances importantes : féconds & prolixes fur les aliairctdu Clergé ou fur les Miracles, ils ne touchent jamais qu’en passant la Discipline Fran-çoise & Perdre du gouvernement. Aussi faut-il reconnoître qu’ils n’avoiem g.-de prévoir que les affaires publiques changeraient tellement de principe & d-,que leurs neveux feraient obligez d’étudier les moindres formules, pour y tretraces de ce qui se pratiquoit alors. La Poésie nous a été plus favorable à ■ .gard que l’Histoire ; car en faisant une espèce de peinture des Objets pr-'.'ens,nius Apollinaire & Fortunat nous ont laissé plusieurs traits qui portent quelque unfur les tenebres de ce tems-là. C’est ainsi qu’au sujet des éloges que For*onat ade plusieurs de ses contemporains, tels que PAnnobode, Duc de Septimame, Bros /.file, Condo, Sigoale, & c ; il explique en partie les fonctions des dignitez de Du~ stde Comte qu’ils y possédoient. On y volt qu’ils avaient le commandement des arméesconjointement avec Padministration de la justice ; qu’ils changeaient assez souvent deProvince ; qu’ils montaient d’une dignité inférieure à une plus haute, quand ils s’étoientacquittez de la premiere avec succès ; qu’ils s’honoroient de la naissance Françoise &que par cette raison ils ne tenaient point à injure d’être nommez barbares par les Gau-lois ; qu’ils étudiaient les Loix des deux Nations pour être en état de leur faire une é-gale justice, mais qu’ils fe plaquaient particulièrement d’être bien instruits^ de celles desrancs. Enfin 1 on y voie que les moyens ou les routes de la Fortune étoient a peuprés les memes que de notre tems, à l’éxception de la vénalité des Emplois.
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Nombre des Dignités du Peuple
François.
A Pégard du nombrè de ces Dignitez, on ne saurait douter qu’il ne fut très-grand Nombreen comparaison de ce qu’en avoient les Romains dans la même étendue de païs. DESOn voit par éxemple que Childebert, Roi d’Austrasie, marchant à la guerre d’Italiecontre les Lombards avoit à la fuite 20 Ducs, dont les troupes composoient son armée.
Or si l’on considéré que ce Prince ne commandoit qú’au tiers de la France, & qu’en
Y quittant