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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

Nombre quittant ses Etats il ne pouvoit emmener tout son peuple avec lui, mais qu’il enDignitez. laiflbit la meilleure partie dans les habitations ordinaires fous le gouvernement desmêmes Magistrats, il faudra dire qu’il laiífa au moins autant de Ducs dans ses Etatsqu’il en employa dans son Armée, au moins quatre Comtes fous la jurifdiction d’unDuc, plusieurs Vicaires fous celle d’un Comte, & plusieurs Thungiats ou Centaines fouschaque Vicaire, d’où il faut conclurre que le nombre des Dignitez étoit véritablementfort grand chez la Nation Françoise, & qu’elle n’avoit point appréhendé de les multi-plier, dans l’opinion que les Magistratures bien ordonnées a voient, dans un corps po-litique, la fonction de faire agir & de mouvoir les parties, en quelque forte pareilles àcelles des nerfs dans le corps animé. D'ailleurs on volt bien que ces dignitez n’étoientpas toutes de la même considération & que celles de Vicaire & de Thungin, outrequ’elles étoient déférées à l’age, ne pouvoient être recherchées des ambitieux qu’autantqu'elles fervoient de degrez pour monter aux autres : ainsi, toute supputation faite, ilsemble qu’il n’y a pas beaucoup d’erreur à estimer le nombre des Ducs de la Monar-chie à i2O; celui des Comtes à 500, y compris les Parens des Rois & les Hauts Of-ficiers de leur Cour, qui prenoient la qualité de Palatins ; celui de Vicaires à 1000, ou1200 ; celui de Thungins à 400 ; & enfin celui des François naturels à 400000 hom-mes, dont on peut supposer les deux tiers en état de porter les armes.

Que si l’on confronte cette idée à la politique des Romains, telle qu’elle est expriméedans la notice des Gaules, on fera en état de juger de combien la police Françoise sur-paffoit celle de ces Maîtres du Monde, qui faisant consister toutes leurs forces dans l’ar-gent, fans attention aux qualitez essentielles de leurs troupes, ni aux motifs de leursservices, encore moins à une administration humaine & reglée de leurs provinces, nefongeoient pas qu’en fe rendant si ménagers fur le nombre de leurs Magistratures,pour épargner les fraix & les gages des Officiers, ils perdoienc par la désolation despeuples le fonds de leur bien Sc la source de leurs revenus.

Des Finances parmi les François,

Finances; N effet," voici un article qui n’est pas de moindre importance que le précédent.JQj Les Finances de la Gaule entiere n’étoient régies fous les Romains que par vingtMagistrats subordonnez au Comte des sacrées largitions, Juge souverain en cette ma-tière, d’où il s’ensuit qu’il y avoir une infinité de Commis à l’éxaction ; car autrementle recouvrement des Impôts eut été impossible dans une si grande étendue de païs, èctoute la Gaule étant d’ailleurs dénuée de Magistrats locaux, le peuple n’avoit aucunsupport ni justice contre les Exacteurs qui le pilloient à discrétion. Cette étonnante po-litique ne fut pas suivie par ies François, car non seulement ils déchargèrent à la chaudetous les peuples des impôts pécuniaires, les convertisiànt, comme je l’ai dit, en tributsréels ; mais lors que dans la fuite ils eurent pris plus de goût à l’argent & que l’ufagede racheter l’impôt réel fe fut introduit, ils voulurent que les Magistrats du premier &second ordre en fissent le recouvrement, c’est à dire que les Ducs & les Comtes fussentchargez non feulement de l'administration de la justice & du commandement militaire,avant qu’ils fussent préposez à toute la Finance de leur Canton. Et la raison en estsensible, puis que c’étoit eux qui par la nature de leur emploi dévoient avoir la con-noissance des Magazins destinez à la subsistance des troupes ; de forte que ces Magazinss’étant trouvez, au bout de quelques années, la plupart tellement remplis que les den-tées