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Mémoires Historiques.
Assem-ble e Ge-
NERALE.
AssEiMble'e Generale des François
au Champ de Mars,
P ERSONNE ne sauroit douter que J’usage constant de la Nation n’ait été de for-mer une Assemblée Générale tous les ans au premier de Mars que les Latins nom-moient Calendes ; outre la tradition universelle & le témoignage des Historiens, onpeut regarder les règlemens des Rois Childebert & Clotaire, comme des Actes auten-tiques, reíultans des délibérations qui s’y font faites ; & partant il est impossible d’encontester la vérité. Nous savons de plus que ces Assemblées étoient nommées Champde Mars, non par rapport à un lieu particulier, ni même à un camp de troupes, maisà cause du mois qui étoit le tems réglé où elles se tenoient, jusqu’à celui du Roi Pépin,lequel à cause de la plus grande commodité de la saison, les remit au premier jour de
May.
2. . Que Je lieu des Assemblées étoit rarement le même, maisqu’on les tenoit indiffé- 'remmenr dans une Province ou dans une autre, selon la commodité des Rois, ou selonl'indication qui en étoit faite d’année en année à la fin de chaque Assemblée : il y amême apparence qu’elles se tenoient au milieu de la principale armée, sur tout lors queles Rois y vouloient paroître avec plus de majesté pour la réception des Ambassadeursdes Princes éloignez, ou pour vuider solemnellement les affaires les plus importantes.
Quoique les règlemens de Childebert soient datez de Cologne, de Mastrick, d’At-tigni & de Compiegne & qui étoient de grandes villes, l'Assemblée se tenoit toujoursfous les tentes dans la Campagne du voisinage, le Roi y séant dans une tente ouverte& élevée, comme en un espèce de Trône où il recevoit d’abord un hommage général, ac-compagné d'un nouveau serment de fidélité qui consistoit en plusieurs acclamations ré-itérées, après lesquelles les Grands lui offroient leurs présens comme des marques deleur attachement & de leur reconnoissance : ce n’étoit d’abord que des chiens, des che-vaux, des harnais ou des armes, mais dans la fuite, comme l’on remarqua futilité deces présens, & l’infìuence qu’ils avoient dans la distribution des Charges, on vint jusqu’àleur offrir de la vaisselle, des vases précieux d’or & d’argent, de riches tentes, & enfindes métaux en espèce.
3°. L’on faisoit dans ces Assemblées toutes sortes de règlemens pour la police publique,lesquels par le consentement général de la Nation y acqueroient force de Loi ; l’on ytraitoit de toutes les affaires de l’Etat, de la Paix & de la Guerre, & l’on y faisoit lesdépartemens des Troupes ; il est remarquable à ce sujet qu’à l’égarddela paix, les Roisétoient toujours les Maîtres, mais que pour la guerre il faloit le consentement de la Na-tion & en particulier celui des troupes que l’on y vouloir employer, maxime bien équi-table dans son principe, puis que la guerre se faisoit toujours aux dépens de la vie &des biens du peuple, & que si elle produit ou du profit ou de la gloire, l’avantage enest toûjours entier pour les chefs du Gouvernement.
4°- L’on terminoit, dans ces Assemblées, les querelles qui étoient survenues entre les
Grands, ou y recevoit les plaintes des sujets contre les Gouverneurs qui abusoient de leurscharges ; mais rarement on en fqisoit justice à l’Assemblée, la discution de telles cauíêsétant pour l’ordinaire renvoyée áux Rois qui dévoient avoir la direction du détail du.gouvernement ; on y jugeoit aussi au commencement tous les François coupables, maisparce que depuis que la Nation fut établie dans la Gaule & qu’elle s’y fut multipliée,il auroit été impossible de conduire tous les criminels à cette Assemblée des éxtremitez
du