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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

da Royaume, insensiblement ce privilège se restraignit auX personnes constituées en di~gnité, & de tous les exemples de ces jugemens publics que l’Histoire a conservez, iln’en reste aucun qui concerne de simples particuliers.

Enfin c’étoit dans ces Assemblées que se faisoient les promotions aux Dignitez &Charges vacantes, les unes de la pure autorité des Rois, comme à tous les emplois dela Cour ; les autres par élection, soit des Soldats, soit des Provinces ; car on peut a siíurer qu’à l’égard des Charges militaires, elles étoient toujours déférées à Page & à sé-lection des soldats & qu’à l’égard des provinces, il y en avoit plusieurs à qui les Roispromettoient d’élire leurs Comtes ou Vicaires fous la condition de la confirmation qu’ils* étoient obligez dé demander ; mais aussi que les Rois disposoient de plusieurs autres ar-

bitrairement.

Voilà quels étoient les sujets ordinaires des délibérations publiques qui se faisoient auxAssemblées du Champ de Mars dans lesquelles on ne saùroit douter que l’autorité desRois ne prévalut, fur tout lors qu’ils ont été actifs & violens, comme l’Histoire nousen fait connoître plusieurs.

Quant à la forme des délibérations, de laquelle on a peu de connôissance positive,je crois que l’on peut hardiment supposer qu’elle devoir suivre Pordre général de l'Etat,lequel étant divisé, comme nous Pavons vû, en Duchez, Comtez, Vicairies & Centaines,il est à présumer que les avis étoient donnez suivant la même division, avec cette disse-rence néanmoins que lors que l’autorité des Rois Pemportoit dans toutes les Assemblées,toutes les résolutions s’y prenoient par voye d’acclamation & de consentement à leurvolonté, dont la marque commune étoit l’élevation des mains, mais que lors qu’il y a-voit des contestations & des brigues, on comptoir les voix a u commencement par Cen-taines, mais ensuite nécessairement par Duchez & par Comtez, ce qui mit avec letemsune grande différence dans le Gouvernement ; car l’on conçoit assez que lors que chaqueCentaine formoit son opinion sur une opposition faite en public, il s’ensuivoit néces-sairement qu’aucune résolution ne passoit qui n’eut été pleinement discutée par toute laNation.

Mais l’on voit aussi qu’il étoit impossible que cette forme de délibération pût subsi-ster, du moins après le partage des terres, qui divisa les François les uns des autres &les éloigna d’une distance considérable ; l’éloignement des lieux, la difficulté des voya-ges, la dépense qu’ils auroient exigé, étoient autant de raisons qui dilpensoient la plusgrande partie de la Nation de se trouver aux Assemblées & c’est aussi pourquoi on ne lestenoit jamais consécutivement dans un même lieu & qu’on les traníportoit d’un boutdu Royaume a 1 autre, de Cologne aCompiegne, a Etampes, a Tours, asin que chaqueContrée pût jouir à son tour des avantages de 1*Assemblée, savoir le François du droitd’y affister & d’y délibérer, & le sujet du profit résultant de la grande consommationque pouvoit faire une si nombreuse compagnie.

Une Nation bien attentive à ses privilèges & libertez auroit fans doute dès lors prisgarde à la conservation d’un droit auffi essentiel que celui des délibérations communes ;iPn’auroit pas été difficile de suppléer à la présence des Centaines par les moyens de ladéputation, mais étant François, c’est à dire, mal-appliquez & toujours espérant de l’a-venir & des occasions la réparation des fautes présentes, ils négligèrent pour lors cequi les interessoit davantage & laiíïerent palier aux hauts IVTagistrats, les Ducs, lesComtes & les Vicaires, le droit de la Nation entiere ; de forte que le commun n’etqplus d’autres fonctions dans les Assemblées réelles, que d’y paroître pour les acclama-tions que l’usage rendoit nécessaires.

II est vrai que l’Armée conserva long tems íès règles & íà discipline, mais dès quele corps de la Nation eut abandonné, son droit, il ne fut pas difficile de restraindre lesdélibérations des troupes aux choses qui les concernoient spécialement, savoir sélectiondes officiers, les départemens annuels, les routes & les entreprises de guerre pour les-quelles

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Assem-blée Ge-nerale.