4,8 Mémoires Historï q_u e s.
Assem- quelles il faloit avoir leur consentement, peu difficile à obtenir quand les Officiers prin-be.ee Ge- àaux y avoient donné le leur ; mais c’est aussi ce qui rendoit le rang & la dignité deces Officiers d’armée fì considérable, que le General, ou Maire, se trouva peu après enétat d’enlever la Couronne à la premiere famille de nos Rois ; ce qui ne seroit pas arri-vé, fi ceux-ci avoient fçû balancer l’autorité de l’armée par celle du reste de la Na-tion.
Avant que de continuer l’Histoire de nôtre France, il seroit peut-être à propos dedire de quelle maniéré les Conquérans en uferent envers les Ecclésiastiques & commentla Religion calma enfin la prévention où ils étoient contre leur naissance Gauloise &leur attachement à l’Empire Romain ; mais m’étant déterminé à ne considérer que desobjets politiques, il faut nécessairement rejetter celui-là, dont la discution m’éloigneroitde mon terme & allongeroit un Ouvrage que je ne puis trop abréger.
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Manufactures Anciennes de la Gaule.
JVLinufa- TE ne saurois cependant passer fous silence un tort essentiel de nôtre Nation, lequelctures J en un sens ne lui a pas été moins préjudiciable que son inattention aux * mesuresdu Gouvernement, je veux dire son mépris barbare pour les Arts & les Sciences des* II y a Romains pparce que si, d'un côté, on le peut excuser, en disant que les lettres étoientdansleMS. en décadence long tems avant son passage dans la Gaule ; que le mélange des peuplesavoit détruit, non seulement la belle Latinité, mais le bon goût ; enfin que nos Fran-çois étant fans usage, ni connoiíïànce des lettres, étoient en quelque façon exclus dusentiment de toutes les Sciences ; il faudra du moins convenir qu'ils ont eu une négli-gence inexcusable par rapport aux Arts, puis qu’ils pouvoient profiter des différens éta-blissemens de Manufactures que les Romains avoient faits dans les Gaules & fe pro-curer par leur moyen des commoditez très-réelles, en permettant d’ailleurs à leurs sujetsle trafic des choses dont ils n’auroient pas voulu faire usage.
On croit communément en France que les Manufactures font le fruit de la fagelïedu Gouvernement moderne & l’on en fait tout l’honneur aux Ministres du dernier siè-cle ; cependant outre ce que les Mémoires des Generalitez nous apprennent de cellesqui ont été fort célébrés en France fous les Règnes passez, il est certain que les Romainsy en avoient établi plusieurs & qu’ils en faífoient un usage très-avantageux pour leurEmpire. La Notice en a fait un détail abrégé qu’il ne fera pas inutile de répéter ence lieu, parce que c’est une chose à laquelle il ne paroit pas que l’on ait fait attention.
Les grandes armées qu’ils étoient obligez d’entretenir fur le Rhin les engageoient àavoir dans leur voisinage plusieurs fabriques pour les armes & ils en établirent huit,dans lesquelles on entretenoit un nombre suffisant d’ouvriers tirez du reste de la Gaule ;chaque fabrique avoit aussi son magazin qui devoit toujours être rempli pour le besoin ;les magazins & fabriques étoient Argentuaria , soit Strasbourg, soit Colmar, le plusgrand de tous pour toutes fortes d’armes ; Maçon pour les flèches ; Autun pour lescuirasses ; Soissons pour les boucliers, arbalettes & carquois ; Rheims pour les épées ;deux à Treves pour les boucliers : Ces Manufactures étoient fous la direction d’un Maî-tre des Offices de l’Empire, trop grand Seigneur pour en prendre lui-meme connoiflance,mais qui les regissoit par ses commis : il paroit que l’Emp ereur Julien avoit beaucouptravaillé pour les rétablir & les pourvoir de bons ouvriers.
Mais