pO M E M Ô ì R E S HlSTORIdUES.
Thierry Wisigots possedoient a u delà des Pyrénées, dévoient suivre le sort de la Monarchieprincipale & en conséquence ils entrerent dans la Gaule fous le commandement d’Athoren 71 7 - à prirent Narbonne en 721, selon la Chronique de Moissac & y tuerenttous les hommes & emmenerent leurs femmes & enfans en Espagne : après quoi ilsvinrent mettre le liège devant Toulouse, où le Duc Eudes d’Aquitaine les bâtit & tuamême le Général. La Chronique de S. Nazaire dit simplement que l’an 721, Eudeschassa les Sarrazins d’Aquifaine, Ejecit Eudo Saracenos de Aquïtanïa. Celle de S. Benignen’en dit pas davantage, mais celle de Moissac s’éxplique, Mense Z°. c’est à dire, aumois de May, obsidendam Pbolosam pergunt Saraceni quam dum obsident exiit obviant eis Eudo•princeps cuin exercilu Aquitanorum feu Francorum & commìfit curn illis praelìum , at dumpraeliare coepijsent terga vertunt, ìbi cecìdìt gladius. Roderic Ximenez ajoute que le Gé-néral Zanzay y fut tué ; mais Paul Diacre & Anastase le bibliothécaire, en la vie deGrégoire II, nous en apprend encore d’autres circonstances à l’occasion de la lettrequi fut écrite à ce Pontife par le Duc même, après fa victoire ; dans laquelle il assuraitn’avoir perdu que 1500 hommes de ses troupes, pendant que les infidelles y avoient étéabsolument détruits ; faveur du Ciel que ce Prince attribua à la bénédiction de ce mêmePape. Voici les termes d’Anastase : Adjiciens quoà anno praemiffo in benedìAìonem aprae-dïcto vira eis dire Ais tribus fpongiis quibus ad usum mensae Pontificis apponuntur , in hora quabellutn commttebatur, idem Eudo Aquitaniae Princeps , populo suoper modicaspartes tribuens adpmendum eis, ne c unus vulneratus eft, nec mortuus, ex bis qui participati sunt : C’est à dire,que le Duc Eudes, ayant reçu l’année précédente trois éponges, du nombre de cellesqui servent à la table du Pontife, à l’heure du combat, il les coupa en petits morceaux& les distribua à ses troupes & qu’aucun de ceux qui participèrent à cette bénédiction, nifut tué ni blessé. Voilà un étrange esset de la superstition de cetems-là, dont on tâcheaujourd’hui d’assoiblir Pidée, en disant qu’Anastase ayant confondu les batailles deToulouse & de Tours, a pû pareillement se méprendre dans ce récit; mais quand laconfusion de deux batailles ferait vraye, ce qui n’estpas, quel rapport auroit-elle avecun fait qui est de nature à ne pouvoir être confondu avec nul autre ?
L’année suivante Ambisa, nouveau Gouverneur d’Espagne pour les Califes, c’est àdire, les successeurs de Mahomet, qui residoienten Asie, se rendit maître de Carcassonne,de Nîmes & de toute la Septimanie jusqu’au Rhône, & il en traita les peuples avecplus de douceur que ceux qui l’avoient précédé, s’étant contenté d’envoyer leurs otagesà Barcelone.
* jsidorus En 725, le même Ambisa ayant assemblé toutes ses forces, selon Isidore * de Badajox,facensis. se préparait à repasser en France, lors qu’il fut arrêté par la mort qui fit échouer sonentreprise : il y a toutefois lieu de croire que quelque partie de ses troupes pénétra furles terres de la Monarchie, puis que la Chronique de S. Nazaire dit fur cette année,Saraceni venerunt primitus , & les Annales Tulliennes, Saraceni irruerunt Gallium.
Pendant ce tems-là, Charles occupé de ses assures personnelles assujétissoit l’AUemao-ne-qu’il regardoít comme la Pépinière d’où il vouloiç à l’avenir tirer ses soldats ; il pénétracette année jusqu’en Bavière, d’où il ramena de grandes richesses, avec fa belle-merePlectrude, que la crainte avoir obligée de se retirer & une maîtresse, Sonnechilde, nièced’Odillon, Roi ou Duc de ce Pais & de la meme Plectrude, laquelle maîtresse il épou-sa depuis. II s’occupa de même au delà du Rhin pendant les années 728, 29, &iusqa’à la mort de Landfrid, Duc de Suève, qui combattit toute fa vie pour la liber-té de son païs.
D’un autre côté, Abdurhamer, homme d'esprit & de courage, ayant été nomméau Royaume d’Espagne, comme le rapporte Roderic, mais avec quelque erreur dansla dat*.e, ayant parcouru & visité les conquêtes d’Ambiíà, son prédécesièur,. pasià leRhône,’ s’ernpara d’Arles & de toute la Provence ; ses troupes pillèrent l’Abbaye deLerms, tuerent T Abbé S. Porcaire avec ses Moines & firent tous les désordres que Pon
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