Band 
Tome premier.
Seite
92
JPEG-Download
 

»

91 Mémoires Histori aú e s,

TrtiFR?A Pendanr qu’Abderam s’avançoit dans l’Aquisaine, son autre armée ne faisoit pasmoins de progrès du côté du Rhône & de la Bourgogne ; après avoir pris & ruiné lesvilles de Vienne & d’Autun, détruit tous les monastères des environs, elle entra enBourgogne & y brûla les Abbayes du Luxeuil & de *Beze, & vint enfin mettre lenum. siège devant la ville de Sens : Gens impia Vandalicorum, disent les Annales du P. Petau& Du Chesne, Tome V, ‘Galliam devaftare coepit, quo tempore destrubîae Ecclefiae , fub-verfa rnonafieria , captae iirbes, ■ defolatae domus, diruta castra, strages h'ominum innumeraefadìae & mullus ubique generis humani sanguis effufus .... Ea tempeftate, disent-ils en-fore, gravìffme per tolam Galliam detonabat,. Wanialis omnia flamnns & ferro proterênti-bus, pervenientefque Scnones, ávitatcm coeperunt eam omni arte & jaculis & machinis infesta-re ; quod cernens Praeful ejnfdem urbis, Ebbo nomïne, exiens àe civìtate cum fuis, fretus di-vina vìriute, extermìnavit íllos ab urbis obfidione, fugientïbufque ìllis, peffecutus est eos, uf-quedum egrcderenlur de finibus fuis : ce qui signifie que l’Evêque de Sensrepouíïà ces bar-bares, qu’ils furent obligez de lever le siège de fa ville & qu’il les poursuivit dans leurretraite jusqu 5 à ce qu’ils fussent hors de son diocèse: on trouve la même chose dans lavie du même Saint Ebbon, en la troisième partie du troisième Siécle Bénédictin; &la Chronique de S. Pierre le Vif marque auffi le siège de Sens par les Sarrazins. Onpeut marquer ici que l’Auteur qui confond les Sarrazins avec les Wandales, s’y trompeà cause qu’ il s venoient d'Afrique.

Mais ce qui paííë en quelque forte la croyance humaine, est que dans une si étrangedésolation le désespoir des peuples étoit si grand & leur haine contre le gouvernementde Charles Martel, qu’ils songeoient plutôt à s’en delivrer qu’à se défendre contre lesSarrazins & lui de son côté avoit un dessein si formé d’assujétir les Frisons par la force& par la violence que la vue d’un ausiî grand objet que la guerre des Sarrazins ne pûtle distraire un seul moment de son entreprise.

En cette année yz i, route la France à la fois se révolta donc contre lui, Aquitains,Bourguignons, Allemands, Sueves, Bavarois, Saxons, Frisons, & particulièrement lesBourguignons, selon Fredegaire ; il n’y eut que la Neustrie, qui après avoir été elle-même forcée à l’obéïssance, y força aussi les autres. En cette extrémité, Charles cou-rut d’abord fur i’Aquítaine. La Chronique de S. Nazaire dit éxpressement Karlus va~ftavit fecunda vice ultra Ligerìm. Celle du P. Petau dit, Karolus fuit in Vafconia contraEuaonem : les Annales de Mafíey, Mafcianenfzs : la petite Chronique Tillienne dit, Ca-rolus pugnavit in Vafconia contra Eudonem: mais le Continuateur de Fredegaire éxplique*Cap.ioS. ce fait fort au désavantagé du Duc Eudes, il *dit que le Duc s’étant départi de Palli-ante qu’il avoit contractée avec Charles, celui-ci passa la Loire, Je défit en bataille &rapporta un grand butin de ses Etats, mais que non content de ses succès il y passaune seconde fois avec pareil avantage & revint victorieux dans le païs de son obéïs-ílince.

Pendant que ces discordes interieures fuspendoient les efforts que l’on avoit pû fairepour repouílèr l’ennemi, Abderam, qui marchoitpîé à pié, s’empara de Perigueux, deXaintes, d’Angoulême, de Limoges, de Poitiers, s’avançant lentement, tant à causedu grand nombre de ses troupes, que du riche butin dont elles étoient chargées ; car ildépouilloit généralement toutes les Eglises. Son objet principal, après le pillage decelle de S. Hilaire de Poitiers, étoit les richesses du tombeau de S. Martin : c’est ce quile fit avancer de ce cóté-là au mois de Septembre 732.

D’autre part, Eudes accablé de tous cotez prit en cette occasion le malhûreux partide s’accommoder avec les Sarrazins, plutôt que de plier fous le dur empire de Martel ;on ne s ça it point jusqu’où il poussa son engagement avec les Infidelles, mais on sçaitque sa conscience lui reprocha bien-tôt après le tort qu’il faisoit à la Religion, outreque les Sarrazins l e trompèrent ; il les abandonna & avec ce qu’il avoit de troupes ilse vint camper proche de Tours, entre les riviçres, afin d’en disputer lç pasiâge & de

g profiter

0