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Tome premier.
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Mémoires Historiques. 119

& l’effusion du sang Chrétien, il fit avec lui une trêve pour durer jusqu’au mois de No- Lothaire,vembre lors prochain, auquel tems ils dévoient se trouver au même lieu pour terminerleurs différens à l’amiable, ou les decider par le fort des armes. D’autre côté, Charlesétoit à Bourges où il negocioit avec le jeune Roi Pépin pendant que celui-ci Pamusoit &qu’il s’asseuroit de la protection de Lothaire, Charles n’ayant auíîì pas moins d’empresse-ment pour l’obtenir, lui envoya des ambassadeurs, du nombre desquels fut Nitard, quia écrit l’histoire de ces divisions civiles, chargez de lui offrir une entiere soumission, maisl’incertitude naturelle de Lothaire l’empêcha de prendre un parti décisif, il réponditd’une maniéré si peu certaine, que Charles ayant jugé qu’il étôit tems de prendre des me-sures pour fa défense marcha auílì-tôt en Neustrie, où il s’asseura du païs, puis il s’aché-mina soudainement en Aquitaine sur la nouvelle que sa níere y couroit risque d’y être en-levée par le jeune Pépin, ce qu’il fit fi ìì propos qu’il gagna une grande bataille contrelui, mais pendant cela la trame que Lothaire avoir conduite avec beaucoup d’art vint àse découvrir par la déclaration du Royaume de Neustrie,en sa faveur de laquelle HilduinAbbé de S. Denys, Gérard Comte de Paris & Pépin fils de Bernard Roi d’Italie furentles premiers auteurs.

Alors Charles par le conseil de sa mere & des Seigneurs de son parti, se résolut à uneaction de vigueur, jugeant que Lothaire l’accableroit infailliblement par voye de négo-ciations : il assembla donc une armée telle qu’il put & marcha contre lui, de forte qu’ilsse trouvèrent bien-tôr à six lieues l’un de l’autre, la ville d’Orléans entre deux ; cepen-dant les Seigneurs des deux partis remirent encore les différens de leurs Princes en négo-ciations & ils convinrent d’un partage conditionel, par lequel la portion de Charles futréduite à la seule Aquitaine avec l’augmentation du Languedoc & de k Provence & dequelques Comtez entre k Loire & 1 a Seine : 1 a décision générale étant envoyée au Par-lement Général qui devoit sc tenir à Attigny ; mais par un article particulier, Lothaires’engagea de ne point attaquer le Roi Louis de Germanie, fous peine de nullité du Trai-tés précaution qui servit depuis à Charles de moyen & de motif pour s'unir étroitement àLouis & pour élever fa fortune au dessus des premieres espérances, comme nous le ver-rons ci-àprès. En 841, Charles fut d’abord en Bretagne pour arrêter les courses que lésPeuples de ce païs-là faisoient dans le Maine & dans l’Anjou, voulant ensuite gagnerAttigny, il trouva avec surprise que Lothaire lui en avoit fermé les pasiliges, rompantles Ponts de la Seine & faisant garder les guez par les troupes ; a lors il prit le parti dedescendre le long de cette riviere jusqu’à son embouchure & il y trouva par bonheurdeux batteaux dont les officiers de Lothaire avoient négligé de se saisir ; au moyen des-quels il entra dans le païs de Caux avec une armée, où Lothaire n’en avoit point à luiopposer ; d’autre part Louis de Germanie arrivoit avec une autre puissante armée dansl’intention de sc joindre à Charles & d’abrêger ainsi les délibérations d’un Parlement,qu’ils sçavoient leur devoir être contraire, n’étant composé que des mêmes Neustriensqui venoient récemment d’embrasser le parti de leur aîné.

Un autre que Lothaire n’auroit pas été embarassé dans cette occurrence, niais il seûtse servir si à propos de son talent pour gagner les esprits, qu’en peu de jours il amassaassez de troupes pour se trouver en état de courir au plus pressé. Othbert Archevêquede Mayence & Albert Comte de Metz lui rendirent de signalez services en cette occasi-on, il marcha donc au devant de Louis de Germanie & dès qu’ils lurent en présence, a-yant remis les affaires en négociation, l’armée de Louis l’abandonna & se joignit à Lo-thaire -, ainsi le premier fut réduit à le sauver, s ins perdre tems, en Bavierre, où sonfrere l’auroit bien-tôt accablé s’il l’eut poursuivi ; mais, auffi incapable de mettre uneentreprise à fi n , qu’il étoit habile à se tirer des mauvais pas, il s’imagina qu’il devien-droit plus aisément à bout de Charles par les mêmes moyens ; c’est pourquoi ayant laisséle Comte de Metz en Allemagne pour s’opposer à Louis, s’il lui prenoit envie de reve-nir fur le Rhin, il s e rapprocha de Paris, pendant que Louis ayant promtement refait

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