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Mémoires Histori cl u e
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Chaules
compte deux, dont la premiere aura été entreprise après la mort du Roi Charles deBourgogne, arrivée dès l’an 858, par laquelle Charles le Chauve &le jeune Lothaireconjointement dépouillèrent l’Empereur Louis de fa Succession, & c’est le sentimentdes Historiens du Dauphine.
Pendant Péxpedition du Chauve en Bourgogne, Carloman son fils, qu’il avoir dansson enfance consacré à l’Eglise & depuis fait Diacre malgré lui, s’échappa & causaquelques troubles dans le Diocèse de Rheims : Hìncmar le fit arrêter & le Pape s’em-ploya pour obtenir fa délivrance, mais le Pere porta la sévérité jusqu’à le faire dégra-der dans un Concile; après quoi Payant fait aveugler il l’enferma dans le Monastère deCorbie, d'où il s’évada néanmoins & alla mourir en Allemagne auprès de son oncleJe Germanique ; étrange exemple de la dureté d'un pere qui peut faire présumer qu’àPinstigation de Richilde Charles persécuta ses enfans du premier lit avec moins de su-jet, mais suivant l’éxemple de son pere. Les Gascons résolus à secouer le joug de laFrance & à ne se plus mêler des divisions qui Pagitoient, songèrent à se donner unChef assez habile & assez vaillant pour les défendre & des Normands & des François ;ils deputerent en Espagne pour y chercher le fils de leur ancien Duc Loup Centul, ilse nommoit Sanchez, surnommé Mitara, c’est à dire, Foudre, lequel a été le premierDuc héréditaire de Gascogne ayeul de Garsias Sanchez de Courbé, dont les enfanspartagèrent le Pais, comme il est rapporté dans l’Histoire particulière de la généralitéde Bourdeaux ; ainsi cette Nation chez laquelle Louis le Débonnaire avoit pris naisfan ce & qu’il avoit gouvernée plus long tems qu’aucune autre, mais qui avoit aussi leplus souffert de sa sévérité, fut la premiere à renoncer à Pobéïssance de ses enfans. IIsembloit en effet que la malédiction du Ciel fut tombée sur cette Famille, les enfansdu Germanique étoient d’une férocité & en même tems d’une foiblesse approchantede la folie ; Charles qui étoit le plus jeune, qui croyoit avoir vû le Diable & même enêtre possédé, ne pût être calmé qu’après une infinité de pélérinages & de dévotions, &ne laissa pas d’avoir fa tête éxtrèmement foible le reste de fa vie ; le Chauve étoit enFrance le Prince le plus haï qui y ait jamais régné, toutefois soutenu par son étoile ouplutôt par la providence & par le crédit d’Hincmar, il n’arriva pas de révolution signa-lée ; on se contenta de lier des parties sécrétés & de disposer les affaires à un change-ment total du Gouvernement. Après la mort du Marquis Robert, le Gouvernementde la Marche de France avoit été donné à Hugues dit P Abbé, fils de Conrard de Stra-linghem -, mais ce nouveau Marquis n’empêcha pas les Normands de s’établir à An-gers ; ce qu’ils firent avec tant de succès qu’aiant pillé pendant quatre années entieresles Provinces voisines, Charles fut enfin obligé d’y marcher en personne, soutenu d’ungrand renfort de Bretons, car comme il n’étoit plus alors question de la milice Fran-çoise, que la solde n’étoit point en usage, & que la féodalité n’étoit pas encore établie,il étoit infiniment difficile d'assembler des armées pour venir à bout de ces Normands ;les Bretons s’aviscrent de détourner la Riviere de Mayenne & par ce moyen de mettreleurs barques à sec, ainsi il ne restoit qu’à les forcer dans les murailles d’Angers, maisle Prince aima mieux leur accorder la retraite craignant la revanche qu’ils auroientpûprendre.
Qu’il me soit permis de quitter un moment PHistoire pour faire réflexion fur lafaute des Modernes, lesquels ont voulu composer une Généalogie à Hugues Capecpour le faire descendre de Childebrand, frere puisné de Charles Martel, ils prétendentque Conrard qu’ils disent avoir été Comte de Paris, au lieu de Bourgogne Transjuran-ne, avoit épousé une fille de Louis le Débonnaire, laquelle ils nomment Adélaïde, &qu’il en eut le Marquis Eudes, surnommé P Abbé ; qu’après fa mort cette même Adé-laïde épousa Robert I, Marquis de France & qu’ elle devint mere de deux Rois, Eudes& Robert, que leur pere avoit laissé enfans ; mais ils n’ont pas pris garde que cet ex-pose est précisément contraire à l’autorité des Annales de S. Bertin qu’ils citent, les-
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