Mémoires Historiques. Í41
quelles nous apprennent que Hugues étoit cousin germain du Roi Charles & fils dé Charlesson oncle Conrard. Carolus Hugoni Clerico, avunculi fui Conrardi filio, Comltatim An-degavensem cum Abbatia Sanbîi Martini C? cum aliis Abbatìis âonat, eumque in Ncitjlritvnloco Roberts dirigit: ce qui n’a aucun rapport avec la parenté de Hugues & de ses pu-pilles ; il est même évident que Conrard étoit frere de PImperatrice Judith, mere duChauve, puis que l’on convient qu’il est isiu des Comtes d’Altof, & q Ue Wet, pere deJudith, en a été certainement le premier Comte. En 875, l’Efnperèur Louis II. mou-rut, emportant la louange d’avoir été également pieux, vaillant & juste, son Régnén’en fut point plus hûreux : accablé par les Sarrazins en Italie, ruiné par ses onclesdans la Gaule, tourmenté par les divisions intestines des Grands de son Etat, entre les-quels Adalgilé, Duc de Bennevent, osa l’arrêter prisonnier & extorqua de lui dés con-ditions injustes pour fa délivrance, il eût au moins la consolation de ne point laisserd’heritier de ses disgrâces, si ce n’est une fille, que le Chauve maria depuis à Bozortson beau-frere quoiqu’elle eut été promise à l’Empereur Grec.
Charles lé Ch auve, Empereur
L
A vacance de l’Empire n’étoit point encore arrimée en pareille circonstance ; ici Charlesla Succession naturelle remontoir à Louis le Germanique, aîné des enfans du Dé- LE
. - A Chauve»
bonnaire, mais l’intérêt du Pape n’étant point de mettre cette Dignité entre les mainsd’un Prince qui pût préférer le séjour de l’Italie à celui de ses Etats, craignant bail-leurs le naturel farouche des enfans de Louis, il résolut d’appeller le Chauve à PEm-pire, comme celui de qui il avoit le moins à craindre & le plus à elperer, ayant toutefa vie été gouverné par les Ecclésiastiques; d’autrepart, l’ambition ou plutôt Paviditéde Charles Pavoient fait prétendre de lui-même à PEmpire dès qu’il apprit la mort deson neveu, & pour s’en frayer le chemin il étoit résolu non seulement à prodiguerses trésors, mais à faire toutes les bassesses qui pouvoient convenir au Pape : il se ren-dit donc à Rome, y répandit l’argent à profusion Sc y reçu t la Couronne Impériale lejour de Noël de cette année 876, si l’on en croît la Chronique qûi porte le nom d’Ai-moin ; mais les Actes de son Election font voir au contraire qu’ayant mené le Pape deRome à Pavie, on y forma le decret de son Election dans une efpece de Concile, a-près quoi il fut couronné. 11 est remarquable fur le sujet de ce Decret, qu’il y estporté en termes exprès, que Charles n’a point aspiré à PEmpire sur aucun prétexte,mais que le Pape l’a élu comme de fa pure grâce, neque enìm fili honorent praefitmpiu-osè ajfumpfit ut Imper ator fier et, sed tanguant d^fiàeratus, optatus ct? postulatus à nobis. Etplus bas le Pape dit, que s’il ne le connoissoit bien intentionné pour la justice &pour 1 éxaltation de I Eglise, st ne p auro if p as élevé à cette Dignité ; Niji enìmtics talent cognovijfsmus , nunguam animus fieret nojler tam protnptus aâ ipfius promotio-nem , L? hoc per facerdotutn Dei manus C? mìnijìrorum ejus officium ; à quoi les Prélats ré-pondirent, Sed ct? nos, 0 Domine ct? Evangelice Papa, veftigia vestra seyantes ct? salubriamérita recipientes, quem amastis, amamus ; quem dilexiftis, diligimus ; quem elegìfiis , eligtmus.
Ce Decret est signé de 18 Evêques & d’un Abbé, de Bozon Duc Maire du Sacré Pa-lais & Commissaire Impérial, & de 10 Comtes. L’on m’a asseuré que le P. Daniel dansfa nouvelle Histoire de France, avançoit que ce Prince renonça formellement au droitde présider à l’Election des Papes, soit par lui-même, soit par ses Commissaires, &qu’il cite pour son garand Eutropas Prêtre, Auteur qui ne m’est pas connu, mais le
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