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Tome premier.
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I4 X Mémoires Historiques.

harles fait est d’autant plus croyable que l’on doit présumer de la prodigieuse passion que leChauve. Chauve avoit témoignée pour parvenir à cette nouvelle Dignité & de la joye excessive& proprement déshonorante qu’il marqua de savoir obtenue ; il disposa dans le mêmeConcile de Pavie, de la Duché de Spolette en faveur de Guy tìls de Lambert, & de celuide Frioul pour Beranger fils de Evrard, mais par une facilité bien plus dangereuse, ilérigea la Lombardie même en Fief & la donna à Bozon, déja Comte de Provence ;c’eít ainsi qu’ignorant la nécessité où est un Prince de mettre des bornes à ses grâces,il rendit son sujet assez puissant pour enlever la moitié du Royaume à ses enfans. Ce-la fait, il regagna la France en diligence pour celebrer la fête de Pasques à S. Denys.Mais si ce Prince avoit montré toute fa vie une éxtrème foiblesse & bassesse de cou-rage, il devint encore plus méprisable depuis son élévation à l’Empire, il se regardoitcomme le sujet du Pape, l’honnoroit du titre de son Conseiller d’Etat, s’habilìoit à laGrecque & portoit un diademe comme les Rois Barbares-, enfin il témoigna si peu dereconnoissance des services qu’Hincmar lui avoit rendus, que pour le mortifier, suivantles ordres du Pape, il assembla le Concile de Pontigou pour y faire recevoir une Bulled’érection de l’Eglise de Sens en Primatie & Vicariat de l’Eglise Romaine -, maisl’Archevêque de Rheims avoit trop de fermeté pour s’étonner de fa disgrâce, il sou-tint les droits des Métropolitains & contre l’entreprisc du Pape & contre l’autorité duRoi, de forte que la Bulle n’eût point d’éxécution : Charles pour se dédommager parune cérémonie, car c’étoit une de ses passions, fit entrer fa femme dans le Concile lacouronne fur la tête & eut le plaisir d’entendre proclamer ses louanges par les Légatsdu Pape ; on asseure pourtant qu’Hincmar le mortifia précisément par cet endroit, a-yant empêché que les Evêques ne le levassent au passage de l’Impératrice ; les Actes duConcile n’en disent rien.

En 877, le Germanique, résolu de se faire raison de tout ce que l’avidité de Charleslui avoit enlevé au préjudice de l'on droit.d’aînesse, assembla ses forces pour entrer enFrance, mais la mort prévint ses desseins à Francfort le 28. Août, il fut inhumé auMonastère de S. Lazare, vulgairement appellé Laurësheim j le Chauve qui, de soncôté, étoit préparé à le recevoir ayant des Troupes fur pié, se crut en état de surpren-dre ses enfans, avant qu’ils fussent dfaccord & s’avança fur le Rhin où il sc logea dansCologne, mais Louis, le second des freres,. le vint recevoir à Andernack & lui tua50000 hommes dans une bataille, où Charles avoit prétendu le surprendre ; perte cru-elle pour la France, puis qu’elle achevoit la ruine de scs forces. Richilde, qui atten--doit à Herstat la nouvelle des succès de son mari, fut obligée de prendre la fuite avecprécipitation & accoucha dans la route d’un fils qui mourut peu de tems après. Quantà Charles, il en fut bien-tôt consolé, parce que le Vainqueur, content d’avoir asseurésa propre fortune & celle de scs frétés, ne songea point à profiter au de-là de son a-vantage. Mais pendant que la cupidité de Charles le portoit au dehors à des entre-prises si peu judicieuses, fa nonchalance & fa mauvaise volonté livroient le cœur de scsEtats au pillage, soit des Barbares, soit des Exacteurs, comme on parloit en ce tems-là des Truands ; la Politique dont ce Prince s’étoit entêté, étoit de ne point combattreles Normands de peur de les irriter, & quand il avoit appris la nouvelle de quelqu’unede leurs descentes, il envoyoit marchander avec les Chefs pour les renvoyer en leurPaïs : cela réussit d’abord, mais si tôt que les Peuples connurent qu’il n’y avoit aucunrisque à courir pour eux & qu’ils n’avoient qu’à se présenter, ils vinrent en telle quan-tité que dès qu’une bande étoit partie d’un endroit, une autre occupoit sa place & scjettoit impunément d’un autre côté, & souvent trois ou quatre a la fois. Le Chauvesc lassa donc, non pas d’un commerce qui ne lui coutoit rien, puis que c’étoit de l'ar-gent-du Peuple qu’on faisoit les payemens, mais d’avoir tant de marchez à conclurrele long d une année, c’est pourquoi afin d’abrêger, il établit un impôt sous lè nom deT rut, par lequel chaque mas, maison ou demeure particulière devoit payer une cer-taine