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Tome premier.
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M E m o i r é s Historiques. 14g

taine quantité d’argent qui étoit amassé pour donner aux Normands quand ils arrive- Charlesroient. II en reste dans le recueil des Capitulaires deux Actes informes, qui contiennent chauve.une espece de taxe des terres du Royaume ; la premiers recueillie fans doute depuis lamort du Chauve s’exprime ainsi . Anno Incarnationis Dominicae 887, Nonis Mail , ìn.compendio prolatìs de alloua, fed non de tota parte Regni , quod Dominus Imperator habuit ,antequam junior Lotharïus defunbius fuiset, haec confiituta eji aïïio Nòrmandis, qnierantinSesquana tribuenda , ut à Regno ejus recederenl. La seconde n’a point de datte, mais estattribuée par Mons. Baluze à l’an 877. Or toutes les deux ordonnent pareillement quetout Evêque, Abbé, Comte ou Vassal du Roi, paye de ses honneurs pour chaque man-sion inféodée à un ingénu 12 d. ; pour chaque cense inféodée 8 d., sçavoir 4 de fa-cultez du Censitaire & 4 du prix de la cense ; pour chaque cense servile 4 d. sçavoir2 du prix censuel & 2 des sacultez de l'homme serf: & à J’égard des Eglises, il ordonneque chacune payera selon son pouvoir du fort au payable, depuis 5 jusqu’à 4 d. Onvoit bien au reste, que sous ce nom d’Eglise, pris en particulier, il faut entendre lesBenefices & Cures dont quelqu’un étoit riche, quoique les Evêques tirassent presque tou-tes ces dixmes à eux.

Dans le fait, les Normands ne furent pas long tems à s’appercevoir qu’il n’y avoit qu’àfaire beaucoup de mal pour être plus appréhendez, & par conséquent pour tirer plusd’argent : ainsi ils fe mirent à faire des ravages encore plus terribles que jamais, étanttoujours sûrs de remporter, outre la somme dûë pour la course, le butin q fils auroìentfait ; ce fut alors que les Peuples commencerent à abandonner les villes & les habita-tions communes pour fe retirer dans les bois, où ils sc défendoient le mieux qu’ils pou-voient quand ils étoient découverts, demeurant au surplus cachez dans la terre & enfer-mez de palissades, de bois plié pour se garder des bêtes sauvages. On peut s’imagmerà quel point de désolation un tel Gouvernement jetta la France ; les deux tiers du Peu-ple en périrent, les arts les plus nécessaires furent oubliez, les terres demeurèrent fansculture & les lieux fans habitans ; d’autre part, les Truands ou Exacteurs de l’imposi-tion établie en faveur des Normands, tirannisoient les Contrées que l’on croyoit à cou-vert de leurs courses, de forte qu’il ne resta aucune partie faine dans le Royaume. Maiscomme la Domination de Charles portoit malheur à tous les lieux où elle s’étendoir, ilne fût pas plutôt maître de l’Italie que les Sarrazins entreprirent tout de bon de s’y éta -blir : ils se saisirent d’abord de la Ville de Tarente, où s’étans avancez jusqu’à Naples,le Duc de cette Ville se joignit à eux ; ils sc saisirent ensuite du passage du Garillantpour être maîtres de la campagne, & formerent à leur aise le siège de Rome. Le PapeJean VIII. effrayé de ce voisinage, appella le secours du Chauve, l’éxhorta pathétique-ment à soutenir la Mere de toutes les Eglises, prête à tomber entre les mains des Infidel-les, & pour le toucher plus sensiblement, lui envoya P Acte de son élévation à l’Empire.

Alors ce malhûreux Prince, plus sensible aux disgrâces de l’Italie qu’à celles de laFrance, assembla un Parlement à Quiercy fur Oise, résolut de faire un dernier effort surles Peuples pour subvenir à la dépense du voyage en ce Païs-là, & en effet il tira le con-sentement des Membres pour l’imposition d’un fol fur chaque mas ou maison Royale,c’est a dire, dependante des honneurs possedez par les Seigneurs, les Evêques & les Ab-bez ; celle de 8 d. fur chaque mas inféodé a personne libre, payable moitié sur le censou prix du fermage, & moitié capitalement par le Possesseur ; & celle de 4 d. fur cha-que mas servile, payable en la même maniéré, moitié par le Propriétaire & moitié parl’Occupant. Le Clergé fut encore plus rigoureusement traité, chaque Prêtre ayant ététaxé proportionnellement depuis 5 d. jusqu’à 4 : cependant la pauvreté de l’Etat étoit sigrande que quoique Charles prit encore une partie du trésor des Eglises, il ne tira dutòut que 10000 marcs d’argent pur, qui suffirent à peine à la moitié de son voyage. LesPropositions qu’il fit en ce Parlement aux Membres qui le composoient avec leurs ré-P°nscs & la déclaration faite fous le titre ordinaire, Aànuncìatïo , ont été donnez dans

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