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Tome premier.
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14.6 Mémoires Historiques.

Charles présages de fa naissance, avoir destiné, par Te sentiment d’une tendresse aveugle, l’heri-

Chauve rage entier de Charlemagne. La Providence remplit en effet une partie de ses désirs,

w"Y—^ puis qu’il posséda, outre la France entiere, l’Empire, l’Italie & la Lorraine de ce tems-là ; mais si l’on fait attention aux moyens honteux dont il se servit pour les acquérir,aux désordres de son Gouvernement & à la déprédation générale de l’Etat, par laquel-le il s’étoit épuisé lui-même, en épuisant tous les autres, on conviendra qu’il eut mieuxvalu pour les Peuples & pour lui-même, qu’il fut mort dans le berceau.

Ce Prince s’étoit fait une maxime de prendre Pair de la dévotion héréditaire de faFamille, & de marquer beaucoup de déférence pour les Evêques, singulièrement pour lesPapes ; cependant comme il avoit peu de tête, qu’il étoit d’ailleurs le plus avide & le plusinfidelle des Rois de son Siécle, il est impossibles juger qu’il eut une Religion effective.U paroit d’ailleurs, qu’il avoir quelque goût pour les Lettres & néanmoins un geniefaux, qui le porta à préférer les idées bizarres de la Philosophie de Jean Scot Erigeneaux Sciences les plus solides. Enfin pour achever son portrait, il faut dire, après tousles Historiens du tems, qu’il fut le plus vain & en même tems le plus bas de tous leshommes. Louis le Bègue étoit demeuré en France pendant le voyage de son pere, &il fut hûreux pour lui de ne s’en être pas éloigné, vû l’éxtrème indignation des eíprits :il tacha d’abord d’en regagner quelques-uns par la disposition de divers Bénéfices Ec-clésiastiques & Séculiers, mais comme il n’en pouvoir gratifier que le plus petit nom-bre, tous les autres prétendirent qu’il n’avoit droit d’en disposer que par l’avis du Par-lement, & l’on en vint jusqu’à lui objecter qu’il ne rapportent pas le consentement deson pere pour entrer dans la iuccession : Richilde, fa belle-mere, arriva fort à propospour lever cette difficulté en apportant le Testament de Charles & les ornemens Ro-yaux qu’il avoir laissé à son fils. On remarque que cette Impératrice, pour conserverson crédit, y avoir fait insérer une clause qui commettoit le Duc Bozon son frere à ladiscrétion des affaires, & que cette même clause fut très-favorable pour Louis, qui,fins le crédit de Bozon, auroit eu peine à obtenir que les Prélats euííènt fait la cérémo-nie de son Couronnement ; il se fit néanmoins à Rheims par les mains de l’ArchevêqueIlincmar le 8. d’Octobre de la même année 877. La suivante n’est considérable quepar la retraite du Pape Jean VIII. en France, où il couronna Louis pour la secondefois dans un Concile tenu à Troyes, mais il refusa le même honneur à la Reine safemme en 878 ; le Bègue s’avança fur la Meuse pour s’aboucher avec Louis de Ger-manie, & ils convinrent de partager la Lorraine, ou Royaume de leur pere, commeelle avoir été du tems de leur pere. II est remarquable en ce Traité que ces Rois n’yprennent aucune qualité respective que celle de Pairs, Pares ; de-là Louis résolu de pu-nir Bernard, Marquis de Gothie, s’avança jusqu’à Autun, où il se trouva si mal d’unpoison lent qu’il avoir reçu, ou plutôt de la continuation d’une maladie qui l’avoit pen-sé emporter à Tours au commencement de son Régné, qu’il se fit rapporter à Com-piegne où il mourut le Vendredi Saint, laissant deux enfans de fa premiere femmequ’il avoir répudiée par la volonté de son pere, & la seconde enceinte d’un fils qu’ellemit au monde le 17. Septembre suivant & qui fut nommé Charles. II est aisé déjugerpar cet évenement que les premiers Seigneurs du Royaume éroient demeurez unis pourleur mutuelle conservation, quoiqu’ils eussent consenti au Couronnement du Begue, &qu’en effet dès qu’on le vit entreprendre la punition des uns, les autres s’en défirentpar la même voye qu’ils avoient employée contre son pere : cependant à la mort de cePrince, soit qu’il ne connut pas ses véritables intérêts, soit par nécessité, il confia le soinde ses enfans à Thierry Chambrier, à Hugues l’Abbé, Duc & Marquis de France, &a Bernard Comte d’Auvergne.

Le premier indiqua d’abord un Parlement en la Ville de Meauxpour faire reconnoî-tre les enfans du Bègue, & pour faciliter le succès de cette entreprise il donna lesmains à raccommodement d’une querelle particulière qu’il avoit avec Bozon, mais Gos-

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